"Le cerf volant" de Randa Chahal Sabbag

, par  Mick Miel , popularité : 5%

Lamia, seize ans, vit dans un village au sud du Liban, frontalier avec Israël. Des barbelés séparent la bourgade en deux, cet espace est devenu le terrain de jeux des enfants. C’est là que l’adolescente fait voler son cerf-volant tout en observant la partie du village où il lui est interdit d’aller.

Celle-ci est donnée en mariage à un cousin qu’elle n’a jamais vu et qui vit de l’autre côté des barbelés. Les habitants des deux côtés ne peuvent communiquer qu’à l’aide de mégaphones, sous un strict contrôle militaire. Ils ne se rencontrent jamais et ne se voient qu’à la jumelle.
Lamia traverse plusieurs fois la frontière malgré les interdits. Ses passages sont observés par un jeune soldat israélien. Ils tombent amoureux l’un de l’autre...

Fiche technique

Réalisatrice : Randa Chahal Sabbag

Acteur(s)

Lamia : Flavia Bechara

Youssef : Maher Bsaibes

Ziad : Ziad Rahbani

Amira : Randa Asmar

Shirine : Liliane Nemry

Mabrouke : Renee Dick

Jamilé : Julia Kassar

Nabil : Nayef Najy

Sami : Edmond Haddad

Le lieutenant : Tamin Chahal

Scénario, production

Scénariste : Randa Chahal Sabbag

Producteur : Humbert Balsan

Production : Leil Films, Liban ; Ognon Pictures, France

Ulysse Productions, Italie ; Arte France Cinéma, France ; Gimages, France

Equipe Technique

Compositeur : Ziad Rahbani

Dialoguiste : Randa Chahal Sabbag

Directeur de la photographie : Alain Levent

Ingénieur du son : Jérôme Ayasse, Fawzi Tabet, Joel Rangon

Monteur : Marie-Pierre Renaud

Chef décorateur : Sylvain Chauvelot

Directeur de production : Houaida Azar, Dzovig Torikian

Distribution : Pyramide, France

Secrets de tournage

Une équipe familiale

Tamin Chahal, l’interprète du lieutenant, est le frère de la réalisatrice. Le frère et la soeur ont d’ailleurs une méthode de travail très personnelle : "Mon travail avec lui consiste à l’énerver pour lui faire oublier la cause principale de sa présence avec nous. Normalement, j’y parviens vite, alors il se lance, de toute sa masse, de sa vigueur. Il est le plus grand des comédiens."

Un tournage tendu

Le tournage du Cerf-volant a commencé le 11 septembre 2001. Malgré les événements, il s’est poursuivi, dans un contexte tendu. En effet, les prises de vue ont été réalisées au pied du mont Hermon, dans une zone appartenant au Liban à la frontière israélienne, où la surveillance militaire, à ce moment, s’intensifiait.

Un casting très coloré

L’interprète de Ziad, Ziad Rahbani, est un homme de talents : compositeur, metteur en scène de théâtre, comédien, pianiste...

Sa jeune partenaire, Flavia Bechara, n’avait jamais tourné auparavant. Elle est encore étudiante et prépare son baccalauréat.

Une cinéphilie singulière

Randa Chahal Sabbag a découvert le cinéma dans des conditions un peu particulières : "Dans les salles de cinéma de mon enfance (...), le film ne se déroulait jamais silencieusement. Il était toujours infiltré par la musique des autres films qui se jouaient dans les salles à côtés, la radio du guichetier."

Balsan, de Suleiman à Sabbag

Le producteur du Cerf-volant est Humbert Balsan, qui avait déjà produit il y a deux ans un film qui racontait une histoire d’amour et de frontières au Proche-Orient, Intervention divine d’Elia Suleiman, dans lequel un Palestinien de Jerusalem et une Palestinienne de Ramallah se donnent rendez-vous au checkpoint situé entre les deux villes. Le film avait obtenu en 2002 le Prix du Jury au Festival de Cannes.

Destin de druzes

Le Cerf-volant prend appuie sur l’histoire véridique du peuple druze. Vivant entre Israël, Liban et Syrie, cette communauté de 600 000 membres véhicule une religion musulmane basée sur la transmission orale. Randa Chahal Sabbag a tenu à s’entourer de figurants druzes, et tous les enfants sont issus de cette communauté : "Je voulais des enfants de la montagne, des druzes et non pas des sunnites ou chiites...j’assume !"

Une histoire universelle

Si la réalisatrice Randa Chahal Sabbag a choisi de placer son film à la frontière israélo-libanaise, c’est parce qu’elle est elle-même libanaise. Néanmoins, ce lieu est avant tout un symbole : " Cette histoire aurait pu se passer sur la frontière turco-grecque (...), en Corée ou ailleurs... Cette histoire est possible là où les frontières transforment l’Autre en étranger, en ennemi."

Critiques Presse


L’Express
- Arnaud Malherbe

Un drame burlesque qui, sous ses atours agaçants de "film du Sud minimaliste", s’avère fichtrement costaud dans sa mise en scène et sa plastique - Scope, mouvements d’appareil, photo magnifique, etc. Et, à l’arrivée, beaucoup plus grave et intelligent que la plupart de ses congénères.


Le Figaroscope
- Brigitte Baudin

Un film charmant et universel, sur fond de guerre, de cloisonnement géographique, politique et culturel, qui montre que l’amour, la connaissance de l’autre restent les meilleures armes pour abolir les frontières et amorcer un

MCinéma.com
- Camille Brun

(...) s’il y a quelques moments un peu déplacés et lourdement tire-larmes, on ne garde finalement en tête que les fulgurances (...) et l’histoire simple de l’entêtement d’une jeune fille (...) Chahal Sabbag est parvenue à se situer sur la frontière paradoxale entre le pire réalisme et le plus bel onirisme.

L’Humanité - Michaël Melinard

Le ton onirique employé par la cinéaste libanaise colle parfaitement aux situations ubuesques décrites. On est loin de la vision offerte par les télévisions.

Première - Estelle Ruet

Avec ce film, la cinéaste porte un regard sévère sur une situation tragique sans se départir d’une certaine légèreté. D’où quelques jolis moments de poésie bucolique. Cependant, son constat est triste et sans appel.


TéléCinéObs
- Bijan Anquetil

La scène d’ouverture du Cerf-volant ne craint pas d’insister sur les symboles. La fin décline, heureusement avec plus de finesse, une suite de situations parfois burlesques.


Le Figaro
- La Rédaction

Un hymne à la paix et à la tolérance

Aden - Cécile Mury

(...) l’accumulation d’images démonstratives, un brin naïve, est en partie compensée par la vivacité des personnages féminins, tout un gynécée énergique, étonnamment libre et truculent.


Fluctuat.net
- Anne-Laure Bell

Certains pourront dénoncer l’enthousiasme primaire et une vision parfois à l’eau de rose, mais il faut bien reconnaître à ce film une propension à emprunter les chemins de traverses d’une absurdité pleine de poésie.


Ciné Live
- Christophe Chadefaud

Sous le vent de l’occupation forcée et des privations fondamentales, ce Cerf-volant, bien qu’inégal, hisse avec finesse les couleurs de la liberté.

Aden - Philippe Piazzo

(...) le film finit par se noyer dans cette tentation de poésie facile, laissant quelque part derrière, accrochée à un barbelé, une belle idée qui aurait peut-être mérité que la réalisatrice ait eu l’audace de se colleter avec la réalité.


Les Inrockuptibles
- Serge Kaganski

Randa Chahal Sabbag a filmé toutes ces oppositions un peu simplistes dans un style chromo, limite publicitaire, avec ralentis, symboles grossiers (...) et autres effets appuyés.


Le Monde
- Jacques Mandelbaum

(...) une opération publicitaire de charme, dont l’esthétique édulcorée et sentimentaliste est conforme aux besoins supposés du marché international.


Cahiers du Cinéma
- Jean-Michel Frodon

Ce composite de "politiquement correct", de décoratif orientalisant et d’esthétisme pseudo-auteuriste s’est adjugé un Lion d’argent à Venise. C’était sans doute son proncipal objectif.


Positif
- Eithne O’Neill

(...) il aurait fallu une caractérisation sûre, une direction d’acteurs serrée, une écriture sobre, une photographie maîtrisée. Ces qualités-là manquent.

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