Les gitans

, par  Mick Miel , popularité : 5%

Les Rom sont un peuple communautaire nomade, très uni, parlant le rom, partageant une même culture, dispersé en petits groupes de par le monde. Bien que les Rom vivent en Europe depuis plus de 500 ans, c’est seulement à la fin du XVIIIe siècle que leur patrie d’origine fut définitivement identifiée au nord de l’Inde ; on découvrit en effet que la langue rom s’apparentait aux dialectes indo-européens de cette région.

Qui sont les Rom ?

L’histoire ancienne des Rom reste faite d’hypothèses. On ne sait pas s’ils constituaient un groupe paria vivant en marge de la civilisation indienne, des membres d’une ou de plusieurs castes hindoues, ou s’ils formaient différents groupes indigènes. Ils ont apparemment quitté le nord de l’Inde en plusieurs vagues, dès le Ve siècle. Les migrations les plus importantes, commencèrent cependant, au XIe siècle, probablement à la suite des invasions musulmanes de l’Inde. Les Rom ont initialement émigré vers l’ouest en traversant l’Iran vers l’Asie Mineure et l’Empire byzantin. De là, la majorité se mit en route vers l’Europe au début du XIVe siècle en passant par la Grèce. Leur trajet en Europe peut être retracé par les emprunts de mots persans, kurdes ou grecs dans les dialectes Rom européens que l’on retrouve. Ils restèrent en Grèce près d’un siècle avant de s’installer dans toute l’Europe. Au début du XVIe siècle, ils avaient atteint tous les pays du continent, y compris la Russie, la Scandinavie, les Iles Britanniques et l’Espagne.

Au début, les Rom furent souvent bien accueillis en Europe, mais très vite leur mode de vie suscita la méfiance. En Espagne, où les Rom avaient été libres sous la domination musulmane, leur situation changea après la reconquête chrétienne en 1492. Entre 1499 et 1783, une douzaine de lois au moins furent promulguées pour interdire le costume, la langue et les coutumes rom et tenter une assimilation forcée. La première répression officielle des Rom en France eut lieu en 1539 avec un ordre d’expulsion de Paris. De même, en 1563, les Anglais ordonnèrent aux Rom de quitter l’Angleterre sous peine de mort. Pendant le XVIIe siècle en Hongrie et en Roumanie, de nombreux Rom furent réduits à l’état de serfs, exploités et vivant dans la misère. En Roumanie, leur libération n’intervint pas avant 1855.

Les Rom, cependant, ne furent pas maltraités dans toute l’Europe. Dans la Russie des tsars, par exemple, leurs conditions de vie différaient assez peu de celles des paysans pauvres. Dans les Balkans, pendant la domination turque, de nombreux Rom jouirent de privilèges en se convertissant à l’islam. Dans certaines républiques de l’ex-Yougoslavie, leur situation était comparable à celle d’autres minorités.

Au cours du XXe siècle, les persécutions culminèrent lors de la Seconde Guerre mondiale, où environ 250 000 Rom périrent dans les camps de concentration nazis.

On compte aujourd’hui entre 3 et 8 millions de Rom. Ces chiffres sont imprécis parce que les Rom ne sont pas souvent recensés. C’est dans les Balkans (surtout en Roumanie), en Europe centrale, et dans les républiques de l’ex-URSS, qu’ils sont les plus nombreux.

En Europe la plupart des Rom sont sédentaires. Aux États-Unis, où ils seraient aujourd’hui moins de 100 000, les Rom voyageaient à travers les zones rurales jusqu’à la Grande Dépression des années 1930, lorsque la plupart d’entre eux s’établirent dans les grandes villes des côtes atlantique et pacifique.

Les Rom sont divisés en groupes parfois désignés sous le nom de nations, généralement définies par leur zone géographique d’implantation ou d’origine récente. Les nations européennes comprennent : les Gitans d’Espagne, les Manouches de France, les Sinti d’Allemagne et d’Europe centrale, les Romanichels de Grande-Bretagne, et les Boiash, Arlie, Gurbeti, Lovara et Kalderach d’Europe de l’Est et des Balkans. Sous l’influence d’un mouvement en plein essor qui insiste sur l’unité culturelle et ethnique, les termes Bohémiens Romains et Tsiganes (jugés péjoratifs) sont progressivement remplacés par le mot Rom, terme qui fut longtemps réservé aux seuls Tsiganes d’Europe centrale.

Flamenco (Espagne)
La plus connue des musiques folkloriques espagnoles demeure le flamenco - les chants et les danses traditionnels des gitans du sud de l’Espagne, en Andalousie. Reflétant l’héritage pluriculturel de cette région, le flamenco s’est constitué lentement à partir de racines gitanes, arabes, juives et andalouses, et n’a trouvé sa véritable forme qu’à partir du xviiie siècle. Il existe un grand nombre de variétés de flamencos, dont soleares de Pepe de la Matrona est un exemple.

Comme les Rom sont très dispersés, leurs structures culturelles et sociales diffèrent considérablement d’une région à l’autre. La caractéristique qui domine partout est un grand sens de la cohésion et de l’exclusivité du groupe ; les traditions Rom par opposition à celle du monde extérieur sont considérées comme sacrées. Le contact avec des non-Rom (les Gadjé) est perçu comme une « souillure » potentielle, une idée probablement dérivée des croyances religieuses de leurs ancêtres hindous. L’unité des Rom est aussi linguistique. Leurs langues sont toutes des dialectes appartenant à la branche indi des langues indo-européennes.

Enfants roms jouant de la musique
La musique traditionnelle des Roms, peuple nomade, a inspiré bon nombre de grands compositeurs européens.

Jeune fille rom au violon
Une jeune fille rom joue du violon, en Angleterre en 1936. À l’arrière-plan, on distingue une roulotte, demeure « sur roues » de nombreux Rom en Europe. La musique traditionnelle des Rom, peuple nomade, a inspiré bon nombre de grands compositeurs européens.

Les différentes nations Rom sont divisées en clans, chacun d’eux étant composé d’un certain nombre de familles apparentées par des origines communes ou une association historique. Les clans nomment des chefs, qui adoptent parfois le titre de roi ou reine. De tels titres ne signifient plus vraiment une position de plein pouvoir mais sont plutôt attribués comme signe de respect ou pour prendre contact avec les autorités locales.

Le Flamenco est la plus connue des musiques folkloriques espagnoles demeure le flamenco - les chants et les danses traditionnels des gitans du sud de l’Espagne, en Andalousie. Reflétant l’héritage pluriculturel de cette région, le flamenco s’est constitué lentement à partir de racines gitanes, arabes, juives et andalouses, et n’a trouvé sa véritable forme qu’à partir du xviiie siècle. Il existe un grand nombre de variétés de flamencos, dont soleares de Pepe de la Matrona est un exemple.

Parfois jugés extravagants et expansifs, les Rom sont en réalité une communauté très unie régie par un puissant code moral. De nombreuses familles nomades vivent un peu partout dans le monde, et bien que possédant des différences culturelles, elles ont en commun un fort attachement à leur cohésion et à leurs traditions.

La famille, où les anciens occupent des positions de respect et d’autorité est au centre de la vie des Rom. Les mariages sont généralement arrangés et permettent de créer des alliances entre les familles ou les clans. Une moralité sexuelle stricte prédomine ; il est encore fréquent que les jeunes filles célibataires soient chaperonnées. Souvent encore, la famille du fiancé, paie celle de la fiancée, pour l’indemniser de la perte d’une fille et pour garantir qu’elle sera bien traitée.

Le kris est une autre institution importante. Il s’agit d’un tribunal informel jugeant les querelles ainsi que les questions de droit courant et de coutumes Rom. En général les Rom dépendent peu des structures sociales des sociétés dans lesquelles ils vivent parce qu’ils ont reproduit ces fonctions au sein de leurs propres communautés.

Presque partout les Rom occupent des situations peu considérées et exercent le plus souvent des activités marginales. Leurs métiers traditionnels sont : la musique et le spectacle, la forge et le travail du métal, le commerce des chevaux et du bétail. Ils sont aussi colporteurs et marchands ambulants, guérisseurs et diseurs de bonne aventure, fabriquent des paniers, sculptent le bois et pratiquent d’autres artisanats.

C’est dans les régions les moins industrialisées du sud de l’Europe, des Balkans et du Moyen-Orient que les Rom tendent à s’intégrer le mieux du point de vue économique et culturel. Dans les pays anciennement communistes, les Rom souffrent beaucoup de la crise économique actuelle. Bon nombre d’entre eux essaient de franchir les frontières pour aller en Europe de l’Ouest, mais ils sont repoussés. Presque partout, ils subissent des pressions visant à leur faire abandonner leur mode de vie traditionnel. Néanmoins, le fait que les Rom prennent de plus en plus conscience de leur origine, de leur langue et de leur culture indique bien que la société rom n’est pas sur le point de disparaître.

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