"Promesses" de Justine Shapiro - B.Z. Goldberg - Carlos Bolado

, par  Mick Miel , popularité : 13%


Entre 1997 et 2000, un reporter américain originaire de Jérusalem donne la parole à sept enfants juifs et palestiniens.

Au cœur du conflit israëlo palestinien, très dur, où politique et religion se mêlent, où l’ensemble du monde est concerné au cœur de ce pays où les trois grandes religions du Dieu unique sont présentes, ce témoignage d’enfants israéliens et palestiniens, gage de promesses est réconfortant. Ne boudons pas cette pause spirituelle au cœur d’un conflit épouvantable où l’horreur et la haine semblent l’emporter.

Documentaire hors du commun, "PROMESSES" est un film bouleversant chargé de la plus sombre lucidité comme du plus grand espoir

Fiche technique

Durée : 106 minutes

Réalisatrice :Justine Shapiro

Réalisateur : B. Z. Goldberg, Carlos Bolado

Scénario, production : B. Z. Goldberg, Justine Shapiro

Promises Film Project, U.S.A.

Directeur de la photographie : Yoram Millo, Ilan Buchbinder

Monteur :Carlos Bolado

Distribution : Solaris, France

Distinctions :

- Meilleur documentaire 2002

- Prix du public rencontre Internationale de cinéma Paris
2001

- Prix du festival du film international de Rotterdam 2001

Genèse d’un film

Profitant d’une accalmie de trois ans entre les accords d’Oslo et la seconde Intifada de 2000, B.Z. Goldberg, grand reporter américain élevé à Jérusalem, parcourt sa ville natale ainsi que les communautés et les villages palestiniens de Cisjordanie à la rencontre des enfants qui grandissent dans l’Israël d’aujourd’hui.

Accompagné des réalisateurs Justine Shapiro et Carlos Bolado, Goldberg sympathise avec sept d’entre eux âgés de neuf à treize ans, juifs ou palestiniens, laïcs ou religieux, extrémistes ou modérés, ils vont se livrer devant la caméra de celui qu’ils ne tarderont pas à appeler affectueusement `BZ’ et qui parvient ainsi à retranscrire avec tact et délicatesse leur quotidien.

La vérité qui sort de la bouche de ces enfants-là est le reflet d’une leçon figée, lourde de préjugés religieux et sociaux, qu’ils ont apprise malgré eux et qui cristallise soudain cruellement la complexité du conflit

Pourtant dans le camp de Deheishe va se lier alors une amitié intense entre Palestiniens et Israéliens. Une petite lueur d’espoir pour l’avenir qui sera un jour entre les mains de ces enfants...

Malheureusement, cette rencontre inespérée, qui distingue PROMESSES de tout autre reportage, marque aussi violemment la limite du documentaire.. cette amitié n’est possible que le temps du film et elle ne pourra, en dehors de celui-ci, transgresser les règles, concrètes et adultes, de cette guerre. Certes, sa valeur symbolique est remarquable mais on ne peut oublier les larmes de B.Z. devant son incapacité à perpétuer ce petit miracle qu’il a créé. Le rapide épilogue, filmé deux ans plus tard, en 2000, confirme dramatiquement cette impuissance : le contact a été rompu.

Secrets de tournage

Un travail de longue haleine

Promesses, regard sur le conflit israélo-palestinien à travers les yeux des enfants, est le fruit de six années de travail menées par trois Américains : Justine Shapiro, une des animatrices de la série télévisée Lonely Planet, Carlos Bolado, monteur, et B. Z. Goldberg, un ancien preneur de son pour la télévision israélienne qui vit maintenant à San Francisco. Ce documentaire est le fruit d’un travail de longue durée, comme le confie Goldberg : "Nous avons filmé 200 heures de matériel et consacré deux ans juste pour le montage du film".

La vie après le documentaire

Après "Promesses", certains enfants sont restés attachés à B. Z. Goldberg, qui suit leur vie de près. Il nous apprend que le père de Sanabel, un journaliste palestinien, a été libéré de prison et que la famille de Faraj vit maintenant au New Jersey. De plus, seule la famille de Shlomo n’a pas apprécié le film car elle estime qu’un Juif ne doit pas critiquer un autre Juif.

Quant à Mahmoud, il est venu accompagné de trois membres de sa famille pour assister à une représentation d documentaire au Festival du film de Jérusalem (ils étaient d’ailleurs les quatre seuls Arabes dans une foule de 400 Juifs). Goldberg nous apprend que l’enfant a été étonné de recevoir une ovation debout de la part des gens qu’il croyait être ses ennemis.

Les enfants

Le casting de "Promesses" s’est fait par le bouche à oreille. Les auteurs du documentaire ont rencontré environ 100 enfants et filmé 15 d’entre eux pour ne finalement garder que sept personnages principaux au montage.

Ils ont choisi Shlomo, le garçon au chapeau noir dont la famille vient de New York, les jumeaux israéliens pacifistes Yarko et Daniel, le militant Moishe dont la famille réside dans la Bande ouest et trois enfants palestiniens : Mahmoud, qui vit à Jérusalem ainsi que Sanabel et Faraj qui habitent dans un camp de réfugiés palestiniens.

B. Z. Goldberg a eu un contact privilégié avec les enfants. Né à Boston mais ayant déménagé en Israël à l’âge de sept ans, il a appris l’hébreu et l’arabe. Il confie que personne de l’équipe n’avait prévu de confronter les enfants : "Nous n’avions pas prévu que les enfants se rencontrent, mais ils nous l’ont demandé"avoue-t-il, avant d’ajouter qu’"ils vivent à seulement 20 minutes les uns des autres, mais ils ne s’étaient jamais rencontrés dans des circonstances normales. Ils n’avaient eu aucun contact ? nada." Les enfants ont été heureux de pouvoir se rencontrer et jouer ensemble. Mais ils ont également beaucoup souffert lorsqu’ils ont compris que leur société ne permettrait pas à leur amitié de grandir.

Critiques Presse

Les Echos - Annie Coppermann

De ce film qui, aujourd’hui, tient à la fois du document historique et du très emblématique témoignage éternel, on ressort à la fois ému et meurtri (...).

Studio Magazine - Laure Croiset

Un film nécessaire et bouleversant (...).

Zurban - Claire Vassé

Un documentaire qui offre un point de vue original sur un conflit qui n’en finit pas d’occuper le devant de l’actualité.

Aden - Philippe Piazzo

Comment parler de paix et d’avenir, aujourd’hui, au Moyen­Orient ? Comment même parler de dialogue, quand celui­-ci explose sous le feu croisé des chars et des attentats­suicides ? Dans ce chaos, Promesses semble une oasis.

Le Figaroscope - Brigitte Baudin

(...) un documentaire généreux, intelligent, sur un sujet particulièrement sensible.

TéléCinéObs - Grégoire Leménager

La triste actualité, hélas, ne confirme que trop la justesse de ce poignant documentaire.

Télérama - Cécile Mury

Conçu comme un manifeste pacifiste, le film se prolonge dans une rencontre, provoquée par ses auteurs, entre les jeunes ennemis héréditaires. Un symbole dont l’angélisme peut irriter, mais dont la naïveté même, au coeur du chaos actuel, devient dérisoirement poignante.

Libération - Annick Peigne-Giuly

A ces enfants, le film offre la douceur et l’intelligence de la rencontre.


Le Monde
- Thomas Sotinel

"Promesses" tenait son titre de l’optimisme de son auteur. Il ne le garde qu’à cause de l’honnêteté intellectuelle de l’entreprise.

MCinéma.com - Philippe Descottes

Arrive pourtant ce que l’on pensait impossible, une rencontre, sans haine et sans passions, entre des enfants devenus comme les autres. Le spectateur partage avec eux ces éphémères moments de bonheur et d’émotion. Mais la fin de ce remarquable témoignage, tournée en 2000, est pessimiste. Que reste-t-il, deux années plus tard, de ces lueurs d’espoir ? Probablement plus rien, malheureusement.

Cahiers du Cinéma - Sébastien Bénédict

(...) jamais B. Z. ne cherche à faire croire, par l’artifice du découpage, à leur proximité ; il accuse aux contraire, par le jeu des oppositions, des recoupements, ce qui d’un discours à l’autre les éloigne.

Première - Olivier De Bruyn

Une authentique réussite, ni complaisante ni sensationnaliste, qui ridiculise les innombrables reportages cathodiques, si souvent vite et mal filmés, consacrés à la question.


Ciné Live
- Grégory Alexandre

Sous son apparente simplicité, un documentaire d’une intelligence rare, bouleversant portrait d’une enfance duelle, dévorée par la haine.

Les Inrockuptibles - Vincent Ostria

C’est honteux, car utiliser des enfants pour exprimer des voeux pieux relève de la pure démagogie (...). Il ne manque au tableau que Enrico Macias. Enfants de tous pays, blablabla.

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