La délivrance

, par  Cecile Cayro , popularité : 5%

Célia avait 17 ans et vivait dans une banlieue. Une cité sombre et pleine d’immeubles. Célia n’allait plus à l’école. Elle était très aimée de tous, sauf de sa famille car elle était née par accident, selon sa mère. Elle vivait une jeunesse très difficile, sa mère était méchante et sans pitié. Célia fuyait son foyer pour ne pas affronter les cris de sa mère et l’absence d’un père. Elle ne pouvait compter que en ses amis.

Julia était sa meilleure amie. Elle avait 17 ans. C’était une personne sur qui elle pouvait compter dans des moments difficiles. Julia était dans le même cas qu’elle. C’était deux adolescentes perdues, à l’abandon.

Célia soulageait ses peines dans l’alcool et la drogue. C’était sa façon à elle d’oublier toute cette souffrance. Elle participait beaucoup aux fêtes organisées par les jeunes de la banlieue. Elle n’avait pas de bonnes fréquentations mais elle n’avait personne pour la disputer.

Le soir, quelques fois, Célia se prostituait pour avoir un peu d’argent. Elle n’en était pas très fière mais c’était son seul moyen de survivre. Elle devait affronter le regard des autres.

Un jour, Julia l’invita à aller à une soirée. Une soirée comme les autres qui se déroulait dans le sou-sol d’un immeuble. C’était un endroit sinistre, une salle assez grande avec des tags sur les murs.

Julia et Célia arrivèrent à 20h00. Elles étaient très regardées par les garçons car elles étaient très jolies. La fête se déroulait comme d’habitude, les jeunes dansaient, fumaient et buvaient et comme chaque fois Célia noyait ses peines dans l’alcool.

Il était 22H00 et Célia était complètement ivre sur une banquette située dans un angle de la pièce. Elle savait que ce n’était pas très bien pour une fille de se mettre dans un état comme cela mais elle n’y pouvait rien. Elle décida d’aller faire un tour dehors, elle ne tenait plus sur ses jambes. Arrivée à la porte d’entrée de l’immeuble, elle tomba au sol sur le goudron en s’écorchant les mains. Elle était par terre, elle se vomissait dessus.

Tout à coup, un jeune homme arriva et lui mit la lumière de sa lampe torche sur son visage.

« - Qu’est qui t’arrive, ça ne va pas ? »

« - Laisse moi tranquille ! »

Le garçon resta fixé sur la fille.

« - Je voulais juste t’aider comme tu ne m’as pas l’air très bien ! »

En entendant ces paroles, la jeune fille se tourna vers le jeune homme, jamais quelqu’un ne lui avait dit ces paroles. Elle vit dans son regard quelque chose qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Il était si beau, si gentil.

« - Allez viens avec moi, tu ne peux pas rester là ! »

Célia ne comprenait pas trop ce qu’il se passait mais elle s’agrippa au garçon et il la mit dans sa voiture. Célia suivait un étranger, elle n’avait pas peur car ce garçon était tellement gentil qu’elle ne pouvait pas refuser son aide.

Quelques minutes plus tard ils arrivèrent devant un grand portail noir avec une pancarte a côté avec marqué " Centre Educatif « . Elle ne comprit pas tout de suite, mais quand elle entra dans cette grande maison, chaleureuse et colorée et qu’elle vit tous ces adolescent, elle comprit qu’elle était dans une centre pour les adolescents en difficultés. Cela lui changeait de tous ces immeubles qu’elle voyait autour d’elle.

« - Allez viens suis moi » lui dit le jeune homme.

A présent elle n’était plus sous l’effet de l’alcool et elle ne savait pas si elle fallait qu’elle le suive. Elle ne pouvait pas refuser. De toute façon, elle n’avait pas d’endroit où dormir. Le jeune homme lui prit la main. Ils traversèrent un immense couloir avec des chambres de chaque côté. Le garçon l’installa dans l’une des chambres et partit.

Le lendemain Célia se réveilla et se précipita près de la porte pour partir. Quand elle ouvrit la porte le jeune garçon se tenait juste devant et il lui dit :

« - Tu te souviens de moi ?

« - Oui je me souviens de toi, merci de tout ce que tu as fait pour moi ! »

« - De rien, tu ne m’avais pas l’air en très bon état. »

« - Oui je sais, je ne suis pas très fière de moi mais c’est pourtant ce qu’il m’arrive souvent. Ma mère ne veut plus entendre parler de moi. Je vis dans la rue ou chez une copine. Je bois pour oublier toute cette galère. »

« - Je te comprends, j’étais dans cette situation moi aussi avant que l’éducateur ne me ramasse au bord de la route. J’ai repris mes études et aujourd’hui je me suis trouvé un travail. Tu peux rester ici si tu veux, je lui en ai parlé et il est d’accord tu vas voir tu vas t’en sortir. »

« - Ma place n’est pas ici, je ne pourrais jamais me sortir de cette galère. »

« - Je disais ça moi aussi au début et regarde ce que je suis devenu. »

« - C’est gentil mais je ne peux pas accepter .Merci pour hier. »

« - C’est ton choix, mais une aussi jolie fille que toi, détruire sa vie comme tu le fais, me rends très triste. »

Elle le regarda l’instant de deux secondes et elle partit, touchée par les paroles de ce garçon. Il avait pourtant raison. Elle traversa le long couloir en regardant tous ces ados dans leur chambre. C’était si beau qu’elle ne réalisait pas. Célia passa la porte et la referma derrière elle. Elle savait qu’elle faisait une grave erreur en refusant de rentrer dans ce centre.

Elle rentra dans sa cité et le soir venu elle se rendit au sous-sol de l’immeuble pour fêter l’anniversaire de Julia. Elle entra dans la pièce et y retrouva les mêmes personnes que la veille. Tous ces jeunes drogués, bourrés, tout cela la dégoûtait. Elle voyait les choses différemment. Célia repensait à ce garçon, à ce centre où elle pourrait enfin s’en sortir.

Julia proposa un verre d’alcool à Célia mais elle fut incapable d’en avaler une goutte. Elle ne se sentait plus à sa place ici et repensait à ce que lui avait dit le garçon. Célia partit et se rendit chez elle.

Elle fit ses affaires, sa mère ne lui adressa aucuns mot, aucuns regards. Ce qui la motivait encore plus de rentrer dans ce centre. Elle reprit le même chemin qu’elle avait fait en voiture avec le jeune homme et arriva devant le portail. Plus elle se dirigeait vers la maison, plus elle sentait sa vie changer. Célia repensait à toutes ses années de galères. En arrivant devant le palier de la porte, elle posa son sac et appuya sur la sonnette.

A cet instant Célia sentit qu’une nouvelle vie s’offrait à elle.

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