Sarah Caron

, par  Mick Miel , popularité : 5%
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Interview de sarah Caron
http://www.radio.cz/fr/article/87337

Le Monde de la photo


dimanche 10 mai 2009, par Benjamin Favier

C’est une femme de caractère. Grande voyageuse, présente sur de nombreux conflits, Sarah Caron, la quarantaine en vue, a déjà roulé sa bosse. En toute indépendance.

Photographe indépendante, ancienne membre de l’agence VU’, Sarah Caron prône une approche sur le long terme d’un sujet. À contre-courant de l’actualité chaude. Cela découle d’une volonté, celle de mener des reportages approfondis en passant un maximum de temps sur place. Mais aussi d’une réalité, celle de la difficulté pour les photographes freelance de voir leurs projets financés. Alors pour amoindrir les frais, mieux vaut miser sur la durée. À condition de trouver des sujets forts.

Empreinte floue

Depuis ses débuts à Cuba, en 1994, où elle fait ses premières images lors de la crise économique traversée par le pays, Sarah Caron a réussi a imposer une empreinte originale et intime. Prenons ce surprenant reportage sur les brigades des martyrs d’AL Aqsa, en Cisjordanie. La proximité avec les membres de la branche armée du Fatah (organisation politique créée par Yasser Arafat) saute aux yeux. Elle les suit dans leurs planques, au cours de leurs assauts contre l’armée israélienne, souvent menées la nuit. Les clichés sont flous, bruités, dynamiques : on est au cœur de l’action. On imagine le temps qu’il a fallu à la photographe pour se faire accepter par ce groupe en permanence sur le qui-vive. On peut voir cette série dans la rubrique Galerie, sur le site.

Regard artistique

Les autres reportages reposent sur les mêmes bases. Les âmes errantes est peut être le plus intime, le plus représentatif du travail de Sarah Caron. Le flou prend une dimension picturale et nous transporte dans un univers où la limite entre rêve et réalité est plus brouillée que jamais. Une démarche volontaire de la part de la photographe :
« Je n’ai pas cherché à croiser les regards, mais tenté de figer l’évocation de l’instant d’une pensée. Cette question m’accompagne : à quoi pensent-ils ? À quoi pense-t-on lorsque l’on a la mémoire commune d’une tragédie collective ? ».
Elle fait référence à la barbarie du régime Khmer rouge, qui a engendré un génocide. Son travail remarquable est prisé par les titres les plus prestigieux de la presse française et internationale : Le Monde, Newsweek, The New York Times… Ses images illustrent un reportage sur l’influence talibane dans le nord-ouest du Pakistan, dans le mensuel Geo daté mai, actuellement en kiosques. Elles sont magnifiques.

Midi Libre

Édition du jeudi 3 septembre 2009

Sarah Caron et les talibans, un des chocs de Visa pour l’image

La presse française et étrangère plébiscite ses grands reportages entre Pakistan et Afghanistan. Elle expose à Perpignan Ne parlez pas de crise à Sarah Caron : d’abord parce que les commandes affluent ; ensuite parce qu’elle appartient à Polaris, petite structure qui résiste mieux que les grandes agences piquant du nez ; enfin parce que, toujours sur le terrain, elle croise peu ses collègues : « Visa pour l’image est une parenthèse », dit-elle alors que son exposition Talibanistan est un des temps forts du festival international du photojournalisme de Perpignan 2009.

Sarah Caron et Polaris ont fait le choix du terrain : rester sur place, infiltrer le sujet jusqu’aux commandes des grands journaux. New York Times Magazine, Newsweek, Le Monde, tous achètent ses reportages, tantôt sur l’immigration subsaharienne ou les brigades des martyrs d’Al Aqsa en Palestine.

Désormais, c’est entre le Pakistan et l’Afghanistan qu’elle travaille souvent, un « hasard de la vie ». En 2007, elle termine un sujet sur l’unité d’élite de l’armée népalaise quand elle apprend que le général Musharraf a déclaré l’état d’urgence au Pakistan. Elle fonce à Lahore où Benazir Bhutto, qui vient de rentrer au pays, veut mener jusqu’à Islamabad une "marche pour la démocratie". Immédiatement, Time Magazine commande à la photographe un portrait de l’opposante. « Elle m’a invitée à dîner et, alors que nous discutions, elle a reçu un coup de fil lui annonçant son assignation à résidence. L’armée a encerclé la maison, je suis restée enfermée quatre jours avec les proches de Benazir Bhutto et j’ai utilisé son téléphone satellite pour envoyer mes photos à Time qui les a immédiatement publiées sur son site. Furibardes, les autorités ont alors menacé d’attaquer si on ne m’évacuait pas. Je suis sortie cachée sous un voile, dans un véhicule blindé. » Déjà visée par un attentat au cours duquel un photographe de l’AFP trouva la mort, Benazir Bhutto sera tuée quelques semaines plus tard. Sarah Caron, sur les conseils de son rédacteur en chef qui redoutait une telle issue, se tenait à l’écart. Ça lui a sauvé la vie mais elle a vu « l’horreur, le chaos total, des bras et des jambes arrachés partout » . Depuis, elle multiplie les séjours entre Pakistan et Afghanistan, dans ce qu’elle décrit comme « le noeud de ce qui se passe dans le monde » . Elle y réinvestit l’argent de ses commandes dans des travaux personnels, par exemple l’impressionnant Talibanistan présenté à Visa (et publié par Géo) : dans la zone tribale en pays pachtoune, « endroit insensé et antre des talibans », elle y observe la population sous la pression d’une interprétation de plus en plus rigoriste de la charia, l’influence djihadiste, la jeunesse désespérée qui se réfugie dans l’islam radical.

De la guerre, elle ne montre que les populations pour comprendre « comment un groupe de gens luttant pour sa survie s’organise pour exister. » Et dans ses photographies, on perçoit bien sa volonté de « capter l’âme en images » . La burqa
en France Le magazine "Elle" organise, demain à 17 h, à l’auditorium Charles-Trenet du Palais des congrès, une table ronde sur le thème "Pour ou contre la burqa en France ?", en présence notamment de Fadela Amara. "Elle" publie cette semaine un reportage de Sarah Caron sur les femmes brûlées à l’acide par un mari jaloux ou un fiancé éconduit au Pakistan.

Eric DELHAYE

Voir en ligne : Son site

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