Théâtre en visioconférence

, par  Mick Miel , popularité : 6%

Deux élèves de l’atelier théâtre du collège de Calvisson participent au projet TIE (Théâtre Interactif Européen) avec nos partenaires catalans Comenius et l’Atelier Multimediale de Lello Masucci de Naples.

Ce projet se propose de présenter un nouveau moyen de faire du théâtre, en utilisant les nouvelles technologies pour permettre l’interaction entre les jeunes des différents pays européens.

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Le projet

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Gianluigi Masucci nella parte di G. B. Della Porta

Le spectacle auquel nous participons est axé, comme nous l’on présenté nos amis italiens, sur la méditation du travail de l’acteur, sur l’interprétation et la personnification de celui-là dans les différents personnages.

Tout se déroule autour de Giambattista Della Porta, un philosophe napolitain du seizième siècle et sa comédie « La Tabernaria » dont l’intrigue reprend les oeuvres de Plaute (amours secrets, incidents et subterfuges, changement de personnages). Della Porta, ce n’est pas sans intérêt, a également mené des recherches sur la « magia naturalista »

Il y a une interaction entre ce qui se passe sur scène, le spectacle théâtral et des projections, des documentaires, des interventions en vidéoconférence (avec l’Espagne et la France), des parties qui impliquent le public et des mélanges de situations dans le même spectacle.

Pour notre part, Calvisson, nous devons préparer une petite intervention de cinq minutes environ qui sera introduite dans le spectacle par le biais de la visioconférence.

L’intrigue

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Valeria Gonzalez y Reiero nella parte di Serafina

Tout commence avec un monologue de Giambattista Della Porta. Ce monologue va se croiser avec la scène en vidéoconférence avec l’Espagne représentant l’Inquisition jugeant un hérétique. Puis, on revient au philosophe et à sa servante, Serafina, qui veut connaître la comédie que Della Porta est en train d’écrire. Les pièces de « La Tabernaria » en effet, naissent du récit du philosophe à sa servante. Mais les deux entrent aussi dans la comédie en devenant deux personnages : les deux protagonistes, les deux amants qui ne
peuvent pas s’épouser.

La comédie de Della Porta présente donc une intrigue identique à celle des comédies de Plaute : Giacomino est amoureux de Altilia, mais ils ne peuvent jamais se voir parce que l’un habite à Naples, et l’autre à Salerno. Un jour, Cappio, le servant de Giacomino, rencontre Lardone, celui du Pedante, le père d’Altilia. Lardone explique à Cappio qu’il doit réserver des places à la Taverna del Cerriglio, parce que son maître est en tain d’aller à Rome et veut s’arrêter à Naples avec la fille et la nourrice Lima. Cappio, qui est un personnage très intelligent, pense tout de suite à organiser un rencontre pour les deux amants transformant la maison de Giacomino en taverne, parce que Giacoco, le vieux et avare père de Giacomino, est allé à Posillipo pour les vendanges.

Cependant, toute l’organisation du plan est écoutée par Antifilo, l’amoureux refusé d’Altilia, qui voulant se venger, cherche tous les moyens pour faire échouer le projet. Et en effet tout va se compliquer : Giacoco revient tout à coup des vendanges : la faussee taverne doit redevenir tout de suite maison, le Pedante est chassé par Giacoco et il ne trouve pas sa fille qui, en attendant, est allée à la vraie taverne. De plus, on découvre que le Pedante n’est pas le vrai père d’Altilia et on veut le tromper en lui présentant un ami qui fait semblant d’être Limoforo, le vrai père, mais qui est aussi le père de Antifilo.

On en arrive ainsi à un « climax » d’événements qui va se résoudre dans un heureux dénouement, comme dans toutes les comédies ! C’est plus ou moins ce qui se passe ici. Mais ce qui est représenté dans ce spectacle, c’est aussi axé sur le travail de « l’acteur », sur son interprétation des différents personnages. Où se termine la mise en scène et où commence la réalité ? Pour cette raison, à un certain moment, entre dans le spectacle le metteur en scène ou bien, un acteur qui joue son rôle, et c’est maintenant que les acteurs français interviennent et jouent un texte de Ionesco, une petite pièce du théâtre de l’absurde : « Le piéton de l’aire ».

Le texte

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Ciro Di Luzio nella parte del Gobbo

Sur scène, il y a deux acteurs qui jouent la pièce « La Tabernaria ». Tout à coup, ils sont interrompus par le metteur en scène et Della Porta qui discutent de la mise en scène. (Ici commence la retransmission en visioconférence.)

Les deux acteurs français : l’un joue le rôle d’un acteur virtuel, l’autre celui d’un journaliste qui va interviewer le metteur en scène. L’acteur italien joue en Italien et les acteurs français en Français.

- REGISTA : Basta con le chiacchiere ! Questa scena serve solo a far comprendere al pubblico che l’amico di Giacomino, Pseudonimo, fingendosi Limoforo, cerca di farsi affidare dal Pedante la giovane Altilia, così come prevedeva il piano di Lima. Continuate !

- 1° FRANÇAIS : Eh, metteur en scène, ça par exemple ! Quelle cruauté !

- REGISTA : Chi ha parlato ?

- 1° FRANÇAIS : C’est moi ! Regardez-moi ! Je suis un acteur virtuel, je viens du réseau d’Internet !

- REGISTA : Internet ?

- 1° FRANÇAIS : Vous avez interrompu le spectacle, est-ce que vous ne croyez pas que c’est une cruauté vis-à-vis des acteurs et des spectateurs ?

- REGISTA : Ma che crudeltà, questo è un momento in cui gli oggetti, gli accessori, gli attori, perfino le scene che figurano nel teatro sono presi non per ciò che rappresentano, ma per ciò che sono in realtà.

- 2° FRANCAIS (journaliste) : En réalité ce sont seulement des personnes et des choses tenues ensemble dans un espace par la volonté du dramaturge. Ils ne représentent pas. Ils SONT. Ils sont la volonté du dramaturge.

- REGISTA : Esatto ! Il vostro teatro francese ha abituato il pubblico attraverso Artaud, Ionesco.

- 2° FRANÇAIS : Excusez-moi, je suis un journaliste, je voudrais vous poser une question, cher Monsieur le metteur en scène.

- REGISTA : Non voglio più rispondere alle domande. (Il est en train de s’en aller)

- 2° FRANÇAIS : Ne partez pas, M. le metteur en scène. C’est une question très simple. Vous pourrez me répondre comme vous voudrez. La réponse ira en première
page, avec une grande photo, format semi-naturel.

- REGISTA : Allora si spicci caro signore, non ho tempo da perdere.

- 2° FRANÇAIS : Il y a quelqu’un qui dit que c’est la peur des rivaux qui vous a fait abandonner pour le moment le théâtre. Est-ce que c’est vrai tout ça ?

- REGISTA : Penso piuttosto che si tratti di una necessità di rinnovamento interiore. Potrò rinnovarmi ? In teoria si, in teoria si, dal momento che non approvo la piega degli eventi. Solo chi non approva la piega degli eventi è
nuovo o raro. La verità sta in una sorta di nevrosi. non nella salute ; la nevrosi è la verità, la verità di domani contrapposta alla verità apparente d’oggi. Tutti i letterati, quasi tutti gli autori di teatro denunciano mali, ingiustizie, alienazioni, malesseri di ieri. E chiudono gli occhi di fronte al male d’oggi. Non occorre denunciare il male antico. E’ inutile demistificare ciò che è già demistificato. Questo è conformismo. Questo non
serve che a mascherare il nuovo malessere, le nuove ingiustizie, i nuovi imbrogli. La maggior parte degli scrittori di oggi crede di essere all’ avanguardia, mentre la storia se li è ormai lasciati alle spalle. Sono
stupidi e nient’affatto coraggiosi.

- 2° FRANCAIS : Un moment. Il y a donc un message dans votre théâtre ? Il est différent des autres, mais c’est toujours un message.

- REGISTA : Ahimè, succede mio malgrado. Spero ad ogni modo che dietro il mio messaggio apparente ci sia qualche altra cosa, qualcosa che io non conosco ancora, ma che si svelerà forse.per forza propria.nella finzione.

- 2° FRANCAIS : Permettez-moi de prendre quelques notes : bas les événements... névrose... café... discernement... courage... intuition... malaise... les écrivains sont stupides.

REGISTA : E poi la critica mi annoia, sia buona o cattiva. E poi il teatro mi annoia, gli attori mi annoiano ; la vita mi annoia.

- 2° FRANÇAIS : J’écris : ennuie... ennui... ennui...

- REGISTA : Mi domando anche se la letteratura e il teatro possano veramente cogliere l’enorme complessità del reale. Se qualcuno oggi possa ancora veder chiaro negli altri e in se stesso. Viviamo un incubo spaventoso ; mai la
letteratura ha avuto la potenza, l’acutezza, la tensione della vita ; oggi, meno che mai. Per essere all’altezza della vita, la letteratura dovrebbe essere mille volte più atroce, più terribile. Ma per quanto atroce riesca ad
essere, la letteratura non può offrire che un’immagine estremamente attenuata, estremamente impoverita dalla vera atrocità ; come del resto della meravigliosa realtà. Essa non è neppure conoscenza, poiché non è che un cliché : cioè, diventa cliché, si raggela immediatamente, l’espressione è in ritardo, invece di essere in anticipo. Che cosa fare per trasformare la letteratura in un’esplorazione interessante ? La stessa immaginazione non è sufficiente. La realtà, quella che i letterati benpensanti credono di riflettere o di conoscere - e non esistono che letterati benpensanti -
questa realtà scavalca la finzione ; e non può più essere afferrata neppure dalla coscienza.

- 2° FRANÇAIS : Je saisis : elle ne peut pas être saisie.

- REGISTA : Noi potremmo d’altronde sopportare tutto se fossimo immortali. Io sono paralizzato perché so che morirò. Non è una scoperta.Ma è una verità che si dimentica. per poter fare qualche cosa. Io. io non posso più fare qualche cosa, io voglio guarire dalla morte. Arrivederci signore.

- 2° FRANÇAIS : Magnifique : je vous remercie pour ces importantes déclarations qui sans doute intéresseront beaucoup nos lecteurs du dimanche. Ils auront de quoi s’amuser. Je vous remercie surtout parce que, grâce à vous, je pourrai remplir mes colonnes.

- REGISTA : In prima pagina, con fotografia, mi raccomando.

- 2° FRANÇAIS : Assurément, cher maître. Demain vous recevrez le chèque.

- REGISTA : Quanto ? (Le journaliste, en se couvrant la bouche par la main, dit au metteur en scène un chiffre que les spectateurs n’entendent pas)
Bene, d’accordo. Arrivederci.

Fin de la connexion. Dans la salle la lumière s’éteindra et le metteur en scène s’en ira. Quand la lumière se rallumera, on continue en jouant « La Tabernaria ».

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