Joseph de la Trinxeria (XVIIe siècle)

, par  Mick Miel, Teresa Dalmau , popularité : 4%
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Josep de Trinxeria
El cap principal de la revolta dels Angelets.

El bandoler Rocaguinarda.

Issu de la branche cadette de la maison de ce nom, il naquit à Prats-de-Mollo. En 1666, les préposés de la gabelle en Roussillon, ayant trouvé dans sa maison une certaine quantité de sel, lui firent un procès. Bien que le taux de l’amende ne fût que de vingt-cinq livres, Joseph de La Trinxeria en offrit trente-trois. On en exigea soixante-six. Indigné de ce qu’il regardait comme une exaction, Joseph de La Trinxeria prit les armes ; plusieurs camarades s’étant joints à lui, leur troupe attaqua les préposés, dont un grand nombre furent tués. Les survivants se réfugièrent à Céret, d’où ils ne bougèrent plus. Pendant deux ans, La Trinxeria parcourut presque en maître le Vallespir, de Prats-de-Mollo à Saint-Laurent-de-Cerdans, et de cette ville à Céret, sans se laisser entamer par les détachements de troupes envoyées contre lui. Cette résistance prolongée entoura son nom d’un prestige qui s’accrut encore quand le duc d’Ossona envahit le Roussillon, en 1667. Alors les Miquelets de La Trinxeria, joints à ceux d’un autre chef de partisans nommé Lamberto Manera, batlle de Bassaguda, en Catalogne, devinrent de redoutables adversaires dont le vice-roi se servit avantageusement contre les Français. Attaques de convoi, embuscades, incursions poussées jusque sous les murs de Perpignan, La Trinxeria ne reculait devant aucune entreprise et réussissait selon ses prévisions, grâce à la connaissance qu’il avait du pays et aux intelligences qu’il s’y était ménagées. Le Haut-Vallespir était comme un nid inexpugnable de Miquelets qu’on ne parvenait pas à détruire. Le président Sagarre entreprit de les exterminer. Il partit dans ce but de Perpignan, le 14 septembre 1668, à la tête d’une petite troupe, en compagnie de ses collègues de Marti et de Trobat, avocats généraux au Conseil Souverain. Ces magistrats, raconte le chroniqueur Curp, « montèrent à Arles avec trois cents hommes pour rétablir la gabelle dans les villes et villages de la montagne. Le lendemain, à neuf heures du matin, le président et ses collègues, quelques hommes de guerre et le somatent de Céret (la milice), accompagnés de menu peuple et d’autres auxiliaires, partirent d’Arles. Dès qu’ils furent arrivés un peu au-delà des lièges de Camps, La Trinxeria sortit brusquement d’une embuscade avec ses hommes appelés Angelets, et repoussa à coups de mousquet le président et sa troupe vers Arles, où il la tint assiégée jusqu’à ce que le Parlement ayant ordonné la levée d’un homme par feu dans tout le Roussillon, cette force, qui se portait à six mille hommes et cent chevaux, débloquât les assiégés et les ramenât coucher à Céret, le 19 ». Après l’échec de Sagarre, l’édit sur la gabelle devint presque lettre morte pour le Vallespir. Une politique mieux inspirée essayait néanmoins de le maintenir, en atténuant ce qu’il avait de trop rigoureux, et même, dès 1669, les Angelets poursuivis pour attentats contre la gabelle furent amnistiés. Comme sanction de la mesure réparatrice, un règlement détermina la quantité de sel que prendraient les communautés, chargées désormais d’en faire la distribution aux habitants. Cependant, les préposés, revenus à Prats-de-Mollo et casernés au fort de Perilloux, en sortirent pour surveiller la fraude. Ils arrêtèrent, en 1670, un particulier du village de Baillestavy connu sous le nom de l’hereu Just. Cet acte de rigueur réveilla l’esprit de révolte. Les paysans soulevés résolurent de délivrer le prisonnier et, conduits par La Trinxeria, ils entrèrent en force dans Prats-de-Mollo, que le gouverneur se mit en devoir de défendre courageusement. La Trinxeria paralysa ces dispositions belliqueuses en capturant la femme et les enfants de cet officier, qu’il retint en otages jusqu’à la mise en liberté de Just. L’échange ne se fit pas attendre longtemps. La Trinxeria aurait pu, après ce succès, obtenu sans effusion de sang, licencier son monde ; mais, averti par des espions qu’un détachement de cavalerie était cantonné à Céret, il y entraîna ses hommes, y arriva à l’improviste et fit la troupe prisonnière. Ces coups de main répétés irritèrent Sagarre qui résolut, coûte que coûte, d’arracher le Vallespir à la domination de La Trinxeria. En 1670, le comte de Chamilly fut chargé de l’entreprise et la conduisit avec autant de résolution que de vigueur. La Trinxeria, voyant à qui il avait affaire, se retira en Catalogne. Il n’y demeura pas inactif, car, dès 1673, il reparut en Roussillon, avec la reprise de la guerre. La Trinxeria vint dans son pays dans les rangs de l’armée espagnole en qualité d’officier. En 1674, il attaqua, avec un capitaine de Miquelets du village de Labastide, nommé Salgas, un convoi que le gouverneur de Villefranche conduisait lui-même pour ravitailler le fort des Bains (Aurélie-les-Bains). Il défit l’escorte et s’empara d’une quantité considérable de munitions et de vivres. On le retrouve l’année suivante à Gérone. Peu après, bloqué dans le fort de Bellegarde qu’assiégeait Schomberg, il força le passage à travers les rangs de l’année française. Neuf ans plus tard, Bascara, qu’il attaqua avec le marquis de Leganez, tomba en son pouvoir. En 1689, La Trinxeria fut promu colonel dans l’armée d’Espagne.
V. Aragon, Le Roussillon aux premiers temps de sa réunion à la France.

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