Luna

, par  Anastasia Dolleans Lewandowski , popularité : 6%

Un soir, Gabrielle était avec Xavier, son mari, ainsi que leur fille Luna. Luna avait 1an, et marchait déjà, elle avait les yeux bleus et les cheveux blonds. Sa mère disait que plus tard elle serait mannequin (et c’est d’ailleurs ce qu’elle devint plus tard, beaucoup plus tard). Beaucoup disaient qu’elle ressemblait à sa grand-mère paternelle. C’était une petite fille très belle, un vrai petit ange allongé sur le canapé, bercé par la Télé HD... Ils avaient fini de diner et étaient tous les trois dans le salon. Ils regardaient la télé. Ce nouveau téléviseur, ils se l’étaient offert à Noël. Mais ils n’avaient pas fait les choses à moitié et en étaient bien fiers : grand écran magnifique avec en plus la vision en 3D grâce à de superbes lunettes qui leur avaient été fournies.

Ce soir-là, le programme était idéal puisqu’il s’agissait d’une série policière où il se passait des choses paranormales. Xavier s’endormait petit à petit. Gabrielle alla coucher Luna, retourna au salon et peu de temps après elle s’assoupit à son tour.

Et c’est là, qu’il se produisit quelque chose de totalement incroyable. Lorsque Gabrielle se réveilla, elle et Xavier n’étaient plus chez eux. Ils avaient atterris dans un endroit très étrange, où tout était extrêmement sombre. Gabrielle s’empressa de réveiller son mari, qui lui, dormait paisiblement. Xavier se leva et lorsqu’il comprit qu’il n’était plus chez lui bien au chaud, dans son canapé il poussa un cri et prit un air affolé. Gabrielle expliqua alors à son mari ce qu’elle pensait qu’il s’était passé. Ils décidèrent de partir à la recherche d’autres personnes.

Sans savoir où ils étaient, ni où ils allaient ils avancèrent dans la pénombre. Il faisait froid. Il faisait sombre. Plus ils avançaient dans la forêt, plus ils se demandaient s’ils allaient trouver quelqu’un. Ils ne voyaient vraiment pas qui pourrait vivre ici. Alors ils s’arrêtèrent en attendant que le jour se lève. Gabrielle ne pouvait cesser de penser à sa fille, Luna, qui était seule. Les beaux cheveux bruns, frisés, de Gabrielle s’emmêlaient avec les branches des arbres de la forêt, ses yeux bleus scintillaient à la lueur de la lune. Ceux de Xavier aussi. Ses cheveux étaient blonds, ses yeux marron. Ils étaient tous deux blottis l’un contre l’autre. Ils s’aimaient.

Ils s’étaient rencontrés à la fac, à Londres et étaient tombés amoureux dès le premier regard. Elle était interne et enchaînait les petits boulots pour pouvoir avoir tout le nécessaire, vestimentaire. Lui vivait dans un petit appartement payé par ses parents qui lui envoyaient de l’argent chaque semaine. Xavier invita Gabrielle à vivre avec lui. Gabrielle accepta, mais continua à travailler. A vingt ans, lors qu’ils eurent fini leurs études, trouvé un boulot stable et une maison, un petit être vînt au monde et changea toute leur vie. Eux, qui étaient mécontents de la vie qu’ils menaient. Ce petit être vint changer cela.

Gabrielle restait toute la journée chez elle avec Luna. Ils avaient une maison assez grande : deux salles de bain, deux grandes chambres et une petite pour Luna, une cuisine-salle à manger, et un immense salon avec vue sur leur petit jardin et la piscine. Ils étaient contents de leur maison, mais trouvaient qu’ils ne gagnaient pas assez. Lui était homme à tout faire, elle était journaliste, mais avait arrêté quelques temps pour pouvoir s’occuper de sa fille.

Lorsque le jour se leva, on le remarqua à peine. Les nuages sombres cachaient le Soleil. Gabrielle et Xavier se levèrent et continuèrent à marcher. Ils marchèrent pendant deux bonnes heures, sans rien. Ils avaient perdu tout espoir. Mais soudain ils aperçurent une ville. Une ville assez grande. Ils avaient retrouvé espoir et partirent main dans la main à toute vitesse. Ils y parvinrent en quinze minutes. Mais, lors qu’ils y pénétrèrent, ils eurent la désagréable surprise de voir que… la ville était vide ! Pas un chat ! Personne en vue !

Tout les magasins et voitures étaient vides, les rues désertes. Et le seul bruit qu’il y avait était celui de ferrailles qui cognaient les unes contre les autres. Ils firent un tour de la ville, pour essayer de trouver quelque chose à manger car ils venaient de faire plusieurs kilomètres et étaient affamés. Ils trouvèrent quelques boites dans des maisons abandonnées et en profitèrent pour prendre d’autres affaires. Ils allèrent manger sur un banc au soleil. Quand ils eurent fini, ils continuèrent à faire le tour de la ville.

Soudain quelqu’un vint perturber leur marche. C’était la silhouette d’une femme. Elle était grande, mince, avait les cheveux roux et les yeux verts mais… elle semblait voler à quelques centimètres du sol. En regardant de plus près, Gabrielle s’aperçut qu’à la lumière, elle était transparente. Ce n’était pas une femme ou du moins elle ne l’était plus : c’était un fantôme ! Ils en étaient sûrs.

Gabrielle et Xavier la suivirent. La femme s’arrêta devant une sorte d’immeuble en ruine. Les portes et les fenêtres étaient toutes cassées. Elle toqua, la porte s’ouvrit. Gabrielle et Xavier virent deux ombres au sol et pour pouvoir voir qui étaient ces ombres, ils s’avancèrent et ce cachèrent derrière une voiture. Les visages des nouveaux venus étaient blanc pâle, ils avaient les sourcils noirs et très épais, leurs lèvres étaient très fines, et on pouvait distinguer deux petits bouts de dents qui dépassaient à peine.

L’un d’eux les surprit. Ils s’approchèrent mais le couple s’enfuit, ils coururent tant qu’ils pouvaient. Mais il était trop tard… Les hommes aux dents pointues les rattrapèrent. Ils les emmenèrent dans une maison. Celle-ci était intacte comparée aux autres : elles étaient toutes effondrées, toutes en ruines. Mais pas celle-là : elle était assez grande et paraissait ancienne et l’intérieur était vieux. Il y avait une grande cheminée, dans le fond de la salle il y avait une grande baie vitrée qui donnait sur le jardin et pour y aller un long tapis rouge. Sur le côté il y avait un grand canapé qui faisait l’angle et deux portes de chaque côté de la pièce. Ils prirent la porte de droite, celle-ci menait à un sous-terrain où il y avait plusieurs petites cellules comme en prison. On leur attacha les mains et les pieds et mit un lambeau de tissu sur leurs bouches pour ne pas qu’ils crient et on les jeta dans l’une d’elles. Il faisait déjà nuit. Tous deux s’endormirent petit à petit en se regardant.

Lorsque Xavier se réveilla, il émit quelques sons pour réveiller sa femme. Ils se collèrent l’un contre l’autre pour se réchauffer. Il faisait froid, il faisait sombre, et cette ’"prison’’ sentait le moisi à plein nez. Des bruits pas retentirent. Quelques secondes plus tard, trois ’’hommes’’ apparurent. Ils avaient la peau d’une blancheur éblouissante, comme ceux de la veille. L’un avait les yeux marron, les deux autres les avaient noirs, ils portaient une sorte de cape assez longue, l’intérieur était violet et l’extérieur était noir. Ils faisaient au moins deux têtes de plus que Gabrielle et Xavier. Le premier les détacha, le deuxième et le troisième les prirent et les emmenèrent dans une immense salle. Là bas, ils furent interrogés : « Étrangers, d’où venez-vous ? Que venez-vous faire ici ? ; Qui vous a envoyés ? ; Pour quoi êtes-vous ici ? ». Ils ne répondirent à aucune de ces questions. Ils avaient vraiment peur. Ils se seraient les mains.

Quelqu’un entra et tout le monde se leva. Gabrielle et Xavier se retournèrent et prirent un air indescriptible. Un mélange d’inquiétude et d’étonnement. Celui, ou plutôt celle qui venait d’entrer, car c’était une ’’femme’’ parmi tous ces ’’hommes’’, était un peu plus grande que les autres. Elle était vêtue d’une grande et longue robe noire avec, à ses mains, de très beaux gants. Elle portait des chaussures également noires avec un petit nœud sur le dessus. Elle était maquillée très élégamment et très légèrement : un petit coup de blush rose pâle sur les joues, un petit trait sur les lèvres et un peu de mascara. Mais malgré son blush rose, sa peau restait tout aussi blanche que celle des autres ! Elle devait être leur ‘‘chef’’ ou quelque chose comme ça, car dès qu’elle fut entrée dans la pièce il n’y eut plus un bruit, tout le monde était un rang et bien droit. On se serait crut à l’armée !

Leur ‘‘chef’ se dirigeait vers le couple effrayé. Elle leur dit qu’elle s’appelait Camilla et que s’ils acceptaient de leur rendre des services, ils leur diraient comment sortir d‘ici. Mais qu’en attendant, ils resteraient quelque temps avec eux. Gabrielle regarda par la fenêtre. Il faisait nuit et la lune était presque pleine. Puis, elle regarda son mari, avec les yeux remplis de larmes. Elle pensait à sa fille, Luna. Elle ne savait toujours pas où ils étaient ni où était sa fille. Elle chuchota à l’oreille de son mari. Elle ne savait pas quoi dire. Mais cela était et serait leur seule chance. Ils acceptèrent.

La nuit tombant, deux gardes les raccompagnèrent dans leur ‘‘cave’’, cette fois sans les attacher. Gabrielle et Xavier parlèrent un moment. Ils parlaient de ce qu’ils pensaient devoir faire ici, comme ‘‘corvées’’. Puis, ils se regardèrent et s’embrassèrent tendrement. Ils s’endormirent tous les deux blottis l’un contre l’autre, Gabrielle la tête posée sur l’épaule de l’homme de sa vie. Ils furent réveillés par les rayons du soleil qui se glissaient à travers la minuscule fenêtre.

Lorsque Gabrielle se réveilla, la première image qui lui apparut fut celle de sa fille, Luna. Elle avait l’habitude, tous les matins, d’aller voir sa fille. Et sa fille, ne faisant pas encore toutes ses nuits, elle devait se lever la nuit pour aller la consoler, la bercer. Mais pas cette nuit. Cette nuit avait été assez froide Xavier, lui, n’avait pas très bien dormi. Il avait fait un cauchemar : ils étaient, lui et Gabi, dans la forêt. Il faisait sombre et il y avait du brouillard. Ils couraient à toute vitesse, tant qu’ils pouvaient. Xavier se retourna et vit un loup, qui leurs courrait après. Il continua à courir, mais s’épuisait à chaque pas. Il trébucha sur une pierre et tomba. Le loup était en train de lui sauter dessus quand il se réveilla en sursaut. Ils eurent le temps d’échanger quelques mots, que quelqu’un vint les chercher. Il les emmena dans la même salle qu’hier, où Camilla, leur ‘‘chef’’ les attendait. Elle leur confia leur premier service. Celui-ci était, pour Xavier, d’aller couper du bois pour la cheminée, car l’hiver s’approchait à grands pas. Ensuite, pour Gabrielle, étant une femme, elle devait confectionner une robe pour Camilla. Xavier se mit immédiatement au travail et alla couper le bois. Gabrielle fut emmenée dans une pièce où il y avait de quoi la confectionner : machine à coudre, fils de toutes couleurs, tissus… mais aussi des habits pleins les placards ! Après avoir fait l’inventaire de tout ce qu’il y avait et d’avoir préparer tout ce dont elle avait besoin, Gabrielle s’exécuta. À l’heure de déjeuner, ils se retrouvèrent tous les trois dans la pièce principale, où une table était dressée. Il y avait un peu de tout. Ils mangèrent tous dans le silence. Pour chaque plat, Camilla appuyait sur un bouton, qui faisait sonner une clochette, et là, le reste du plat arrivait. Lorsqu’ils eurent fini de déjeuner, Camilla leur donna des affaires propres et lors qu’ils furent changés, ils allèrent dans le jardin. Gabrielle et Xavier furent surpris, car le jardin était beaucoup plus grand que se qu’il paraissait et en dessous y passait une rivière. On y entendait les oiseaux chanter, le vent danser avec les feuilles et branches. Tout y était si beau, qu’ils en oublièrent qu’ils étaient prisonniers. Ils y restèrent quelques minutes puis repartirent chacun de leur côté, à chacun de leur travail respectif. Xavier avait coupé plusieurs stères de bois. Gabrielle, elle, avait déjà fait le haut de la robe et les manches, et s’en sortais très bien. À la fin de la journée, Gabrielle était très fière, car elle avait fini la robe. Le soleil commençait à se coucher. Des gardes vinrent chercher Gabrielle et Xavier pour les emmener à la pièce principale. Là, ils y retrouvèrent Camilla. Celle-ci leur dit : ‘‘Vous avez fait du bon travail pour aujourd’hui. Ce soir vous aurez la chance de dormir dans une chambre, avec un lit. Tout à l’heure, un de mes gardes vous mènera à votre chambre. En attendant, nous allons tous aller manger un peu. Le diner se passa comme le déjeuné : silence et tenue. Personne ne parla jusqu’à la fin du repas. Ensuite, quelqu’un les emmena, comme prévu, à leur chambre. Tout était si calme ici. Arrivés à leur chambre, le garde leur montra où étaient les toilettes et la salle de bain. Le couple fut bouche baie. La pièce était si grande pour si peu de meubles ! Il y avait un grand lit baldaquin et un placard. Dans la salle de bain il y avait une douche, une baignoire et deux lavabos. Il y avait aussi une grande fenêtre, qui donnait, elle aussi, sur le jardin. Ils avaient une très belle vue ! Ils étaient comblés, et comprenaient pour quoi Camilla leur avait dit qu’ils avaient ’’la chance de dormir dans une chambre‘‘. Ils prirent une douche et allèrent ce coucher. Ils ne voulaient plus rester ici. Même s’ils y étaient comme des rois, même si ils y avaient tout se dont-ils rêvaient, ils ne le voulaient pas. Ce qu’ils voulaient, c’est rentrer chez eux, ce retrouver devant leurs télé et surtout, ce qu’ils voulaient le plus, était de revoir Luna. Ils le souhaitaient plus que tout. Alors, ils essayèrent d’élaborer un plan pour s’enfuir. Ils décidèrent de s’enfuir dans l’après-midi, pendant que les gardes seront occupés avec Camilla, ils essaieraient de passer par une fenêtre ou, le mieux, de passer directement par la porte. Gabrielle n’arrivait pas à dormir. Elle pensait toujours à sa fille. Une larme coula le long de sa joue. Pour se consoler, elle se blottit contre son mari, et s’endormit. Le lendemain matin, ils se réveillèrent aux aurores, encore à cause du soleil. Ils avaient passés une très bonne nuit. En tout cas, meilleure que la précédente. En se réveillant ils aperçurent un petit déjeuné complet, posé sur une petite table à roulettes. Il y avait des tranches de pain, de la confiture, du beurre, du café, et des croissants. Ils furent ravis, et les mangèrent avec appétit. Un homme qu’ils n’avaient pas vu auparavant vint voir s’ils étaient réveillés. Il resta quelques minutes, et ils parlèrent un peu. Cet homme avait l’air compréhensif, et ne semblait pas comme les autres. Ils leurs parla de Camilla. Il leurs dit que Camilla avait l’air gentille et inoffensive, mais elle ne l’était pas. Au contraire ! Il leur expliqua que lui aussi avait atterrit ici sans savoir pour quoi, ni comment et, qu’il avait fait un pacte avec Camilla, pour sauver sa vie : il devait rester à son service pendant dix ans. Il était prêt à les aider à s’évader. Il ferait diversion pendant qu’ils s’enfuiront. Ils s’habillèrent et descendirent retrouver Camilla qui les attendait, comme chaque matin, dans la pièce principale. Aujourd’hui, Camilla était habillée vraiment très élégamment ! Elle portait une grosse et longue robe blanche. S’était la robe que lui avait faite Gabrielle ! Elle leur expliqua que aujourd’hui, était un jour particulier, et qu’une fête était célébrée. S’est aujourd’hui qu’ils avaient vaincus leurs ennemis. Ils étaient en guerre depuis bien trop longtemps et le roi, le défunt mari de Camilla, avait fait un traité de paix. Cela faisait un an. Camilla confia au couple, de préparer toutes les tables et de faire toutes les décorations. Ils s’exécutèrent immédiatement, sous l’œil veillant d’un garde. Tout cela devait être prêt avant midi. Ils mirent des assiettes blanches, avec de beaux couverts une magnifique nappe et de petites décorations. Aux alentours de midi, tout le monde commençait à arriver. Tous avaient toujours le visage pâle. Ils regardaient tout le monde qui s’installait, quand soudain, le coup d’envoi fut donné. Le ‘‘disciple’’ de la reine fit semblant d’avoir une crise cardiaque. Gabrielle et Xavier prirent discrètement la porte et s’enfuirent. Malheureusement, un garde les surprise et ce lança à leurs poursuite. Gabrielle tomba et Xavier l’aida à se relever. Le garde continuait à courir, son épée à la main. Gabrielle tenta de se relever, mais elle retomba immédiatement, en poussant un cri. Elle s’était foulée la cheville en tombant. Il était trop tard. Le garde arriva avec trois autres derrière. Le couple resta par terre pendant que l’homme brandissait son épée sur eux. Ils fermèrent les yeux et poussèrent un cri d’effroi. Il n’y eu plus un bruit. Ils rouvrirent les yeux et se retrouvèrent tous les deux dans leurs canapé, devant la télé. Ils leurs fallu le temps de comprendre ce qu’il venait de se passer. Ils se regardèrent et prirent un air interrogatif. Ils se demandèrent si, se qu’ils venaient de vivre était réel, ou n’étais-ce qu’un cauchemar ? Étaient-ils devenus fous ? Gabrielle repris ses esprits et couru vers la chambre de sa fille. Elle dormais. Elle la pris dans ses bras sans la réveiller. Xavier la rejoignit. Ils restèrent tous les trois, heureux. Ce qu’ils avaient vécu les avait marqués à vie. Ils ne se plaignirent plus de la vie qu’ils avaient et cela, permis de renforcer leur couple.

Ils vécurent dans le silence, heureux de la vie qu’ils croquaient, désormais, à pleines dents. Sans jamais savoir la vérité. Moi, je la sais la vérité. Vous voulez la savoir ?

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