Le cinéma yougoslave

, par  Mick Miel , popularité : 4%

Petite chronologie du cinéma yougoslave

1944-1950

Le 13 décembre 1944, le haut état-major de l’Armée de libération nationale crée une section du film qui marque la naissance de l’industrie cinématographique yougoslave. Peu à peu, des sociétés de production naissent à Zagreb (Jadran Film), Ljubljana (Triglav Film) et Belgrade (Avala Film, Zvezda Film). Les films documentaires, de court et moyen métrage, dominent le marché avec plus de 270 titres pour la période. Premier long métrage de fiction de l’après-guerre, Slavica, de Vjekoslav Afric, sort en 1947.

Les années 50

La décentralisation et l’autogestion de la production ouvrent de nouveaux horizons, favorisant les accords de coproduction et l’exportation des films yougoslaves, souvent primés dans des festivals internationaux. Le cinéma d’animation yougoslave connaît alors son âge d’or grâce à l’École de Zagreb, un ensemble de réalisateurs regroupés autour de Dusan Vukotic qui se caractérisent par un rejet de l’anthropomorphisme à la Disney.

Les années 60

Le cinéma yougoslave augmente sensiblement sa production de longs métrages (31 en 1961) qui se divise alors en deux grands courants : des films d’expression moderne, souvent inspirés de la Nouvelle Vague, et des œuvres commerciales sans grande ambition artistique. Durant cette décennie, quelques réalisateurs vont bénéficier d’une reconnaissance internationale, notamment Aleksandar Petrovic (J’ai même rencontré des tziganes heureux, 1967) et Dusan Makavejev (Une Affaire de cœur, 1967).

Les années 70

Le maintien d’une production nationale élevée (28 longs métrages en 1971), dominée par un cinéma d’auteur exigeant, se solde par un échec : le public des salles boude les films nationaux (6 millions d’entrée sur un total de 81 millions en 1971), provoquant un épuisement des aides à la production. Dopés par la publicité, les documentaires et les courts métrages atteignent en revanche des records jamais égalés (352 en 1974) avant de chuter à la fin de la décennie en raison de la concurrence de la télévision.

Les années 80

Mélodrame, suspens, comédie légère : afin de permettre à son public de retrouver le chemin des salles, le cinéma yougoslave élargit sa palette de genres et maintient sa production autour de trente longs métrages de fiction annuels. Très présent dans les manifestations internationales, le cinéma yougoslave va attirer l’attention par deux prix décernés au réalisateur Emir Kusturica : Te souviens-tu de Dolly Bell ? , Lion d’or de la première œuvre au Festival de Venise en 1981 et surtout Papa est en voyage d’affaires, Palme d’or surprise au Festival de Cannes 1985.

1990-2001

L’éclatement du conflit et le morcellement des républiques qui s’ensuit relègue au second plan la production cinématographique. Les rares œuvres qui émergent alors vont témoigner du traumatisme lié au drame yougoslave, notamment Underground, d’Emir Kusturica, Palme d’or à Cannes 1995 et Baril de poudre, de Goran Paskaljevic, grand succès de l’année 1998 dans la nouvelle république de Yougoslavie (Serbie et Monténégro). Aujourd’hui, celle-ci produit cinq à huit long métrages annuels, tournés le plus souvent à Budapest. Pour doper ce secteur, le ministère de la culture serbe a décidé, en 2001, de la création d’un fonds de soutien à la production de films.

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