Le journal de Carlos

, par  Marie Canal , popularité : 5%

Le journal de Carlos, commanditaire de Francisco Pizarro

13 février 1524

Il y a un homme parmi nous autres qui fait souvent le souhait de partir vers le sud. Il est intéressé par ses nouvelles expéditions qui constituent la grande actualité. Je dois dire que si jamais j’en avais l’occasion, je quitterais sans regret ma famille pour pouvoir un jour revenir riche et repus.

15 mars 1524

En lisant un petit quotidien j’ai su que ce voyageur qui se nommait Francisco Pizarro recherchait des personnes un minimum qualifié pour sélectionner son équipage parmi ces derniers. Je me présenterai donc le jour et le moment proposé à l’adresse indiquée.

8 avril 1524

Après avoir longuement attendu une réponse, un temps que j’ai qualifié de pénitence, j’ai reçu une lettre disant que je devrais être prêt en fin d’année pour partir dans une aventure fortement dangereuse mais pouvant s’avérer très enrichissante.

15 juin 1524

Je commence à apprendre à connaître Pizarro et je peux vous certifier que c’est un homme brave et courageux. Il a trois frères nommés Gonzalo, Joan et Hernando. Cependant il a décidé récemment de s‘associer avec des hommes se prénommant Diego de Almagro, Hernando de Luque et Pedro Arias Davila. Je ne les ai pas encore rencontrés mais j’espère en avoir bientôt l’honneur.

13 décembre 1524 (J- 15 du grand départ)

Dans 15 jours précisément je quitterai Panama pour partir cap vers le sud. Le capitaine m’a remis un portulan et une boussole que je pourrai utiliser pendant le voyage.

28 décembre 1524

Noël est passé mais je reste un peu déçu de quitter ma famille dans cette période. Je suis parti aujourd’hui même avec seulement quelques affaires pour tous bagages. Les au revoirs ont été très difficiles pour ma femme, mes enfants et moi-même car nous sommes tous assez éveillés pour savoir qu’il y a la possibilité que je ne les revoie jamais. Malgré cela je suis dans un grand navire avec environ 80 hommes qui sont dans la même difficulté que moi. Nous sommes équipés d’un grand navire et de deux canots ce qui n’est pas très rassurant car ce matériel n’a pas l’air d’être de très bonne qualité.

2 février 1525

Le voyage continu et le plus beau paysage que je n’ai jamais vu se dresse devant moi. Pourtant j’ai la tristesse de ressentir le sentiment que je me lasse de ne voir que de l’eau sans arrêt. Heureusement, j’aime les activités qui sont disponibles dans le bateau et il y en a beaucoup : il faut à la fois entretenir l’équipage, savoir bien s’orienter. Le plus triste constat est de voir le bateau se dégrader de jour en jour de plus en plus. Les commandants ont déclaré que le matériel nous trahissant, nous serions forcés de stopper notre cavale dans peu de temps pour s’assurer que nous travaillons en toute sécurité.

25 avril 1525

Je te parle maintenant du joli petit bourg de Chicama. Je trouve ce petit endroit très accueillant et je suis heureux de me trouver sur de la terre ferme mais je pense qu’il est frustrant de me retrouver si loin des miens sans aucune raison. Nous avons tant vogué et fait tant d’efforts pour rien que je suis un peu dégoûté. Lorsque nous nous sommes fait attaquer à Punta Quemada par ce qui semblait être des pirates., nous avons dignement combattu pour défendre notre équipage et nous avons vaincu mais le matériel étant déjà endommagé par notre longue pérégrination il n’a pas résisté et nous avons été forcés de nous rabattre dans un petit port pour ne pas être complètement anéantis. L’équipe est totalement dissoute à ce jour et nous avons l’ordre de rentrer chez nous pour le moment. Pizarro et ses coéquipiers nous ont promis de nous contacter à tous par courrier lorsqu’ils seraient à nouveau préparés à se lancer dans un long périple.

14 septembre 1525

Il y a déjà quelque temps que je suis rentré, dans ma famille et ce fut un grand bonheur de retrouver les miens mais je suis un peu déçu du fait que le capitaine n’ait pas tenu sa promesse. Bien que je sache qu’un aussi long voyage est très minutieux à préparer j’aurais espéré que le commandant m’envoie de ses nouvelles de temps à autre.

6 janvier 1526

Aujourd’hui j’ai enfin reçu une invitation à participer à notre deuxième expédition !!! J’en suis très heureux et il me tarde le jour de notre départ. Malgré le malheur qu’a causé notre précédente excursion, je me suis remis de cette tristesse et il me tarde de rejoindre mes collègues et mes trois chefs qui me plaisent bien. Je devrai quitter ma terre le 12 avril pour un dur voyage au cœur des mers.

12 avril 1526

C’est le grand jour !!! J’ai le devoir de me présenter au port dans quelques heures pour embarquer. J’espère que ce périple sera plus fructueux que la dernière fois mais avec du recul je pense qu’avec ou sans découverte j’ai passé de bons moments sur notre ancien navire… Il faut espérer que Pizarro et ses coéquipiers auront réussis à dégoter un meilleur matériel que la dernière expérience. Aujourd’hui j e monterai le cœur léger sur ce bateau.

12 mai 1526

Ca fait exactement un mois que je suis sur le bateau et, en étant à ma deuxième expérience, je sais apprécier le goût du plaisir. A ma grande surprise il y a quelques semaines, tout le projet à été monté sans Davila qui s’était apparemment retiré après notre échec à Chicama. En tant que chef il ne nous reste plus que Pizarro et Hernando qui nous dirige.

31 septembre 1526

Sur ce beau navire qui contrairement à l’autre ne se dégrade pas, je ne vois plus le temps passer. Je sais que mes enfants ont du grandir depuis la dernière fois que je les ai vus et je pense beaucoup à eux mais j’ai la certitude que nous découvrirons quelque chose et que mes enfants et même mes petits enfants me remercieront un jour.

1 janvier 1527

La nouvelle année me rend joyeux. Nous l’avons dignement fêtée car nous avons fait une petite pause sur terre et nous avons beaucoup mangé et bu. J’ai un pincement au cœur de ne pas pouvoir le fêter avec les miens mais mon équipage est comme une deuxième famille donc ce n’est pas difficilement que je le vis.

5 juin 1527
Malheureusement, la misère s’abat à nouveau sur notre groupe. Depuis le 28 mai une bonne partie de l’équipe est malade. Ils toussent et gerbent partout et ils sont inaptes à travailler. Ca à l’air d’être viral ce qui veut dire qu’ un à un on risque d’être tous malades. Nous ne savons pas où cette maladie peut nous mener. Elle commence tout le temps de la même façon puis elle dégénère sans raison. Nous avons tous très peur que ce soit fatal car depuis que nous nous connaissons nous sommes tous très fusionnels. Si nous perdions quelqu’un nous serions tous anéantis et ça ferait un homme de moins au sein de l’équipe.

23 juin 1527

Les deux capitaines de ce bateau ont décidé que tout le monde devrait accoster dès que nous verrions un petit bout de terre. Je pense que c’est la meilleure solution car il ne faudrait surtout pas que cette maladie nous décime. Nous espérons que nous trouverons une île car nous ne voulons pas affoler la population. Pour l’instant moi je me sent bien et je ne présente aucun symptôme ce qui est une bonne chose.

3 juillet 1527

Du pont du navire, je vois au loin une petite île qui a l’air très petite mais aussi assez vivable. Nous allons débarquer là-bas et sortir nos malades. Certains d’entre nous resterons avec eux et d’autres partiront chercher du secours. Les plus qualifiés d’entre nous savent tout juste donner à boire à une personne couchée. Nous ne savons pas ce que nos collègues ont mais nous n’osons pas leurs donner des plantes pour calmer leur maux de peur de les empoisonner.

31 juillet 1527
Aujourd’hui personne n’est heureux. Un de nos amis nous à quitté après d’atroces souffrances. Nous espérons tous que les renforts vont bientôt arriver pour pouvoir administrer des médicaments et soigner nos amis. Tous ceux qui le pouvaient étaient présent à l’enterrement que nous avons célébré. C’est moi qui ai pris le plus de risques en prenant la dépouille pour l’enterrer. Nous l’avons recouverte de terre puis de fleurs et nous lui avons dit adieu avec tristesse. Notre plus gros souci était de savoir qu’il n’était pas le seul à avoir cette maladie et si on ne la traitait pas elle serait fatale pour tout le monde.

20 septembre 1527

Lorsque nous avons aperçu les bateaux de nos sauveur nous jubilions. Ils étaient notre seule chance de sauver nos amis. C’est un homme nommé Bartolomé Ruiz qui les à soignés. Le rétablissement était lent mais il se faisait quand même. La première semaine ils pouvaient se tenir plus facilement assis, la deuxième ils pouvaient manger seuls et autonomes et au bout d’un mois ils pouvaient marcher ce qui pour nous était très rassurant. Cependant, le fait que la plupart des hommes aient été sauvés nous n’oubliions pas qu’un de nos plus fidèles compagnons était décédé.

20 décembre 1527

Nous sommes repartis vers le sud aujourd’hui en mer car tout le monde est rétabli. Nous allons continué notre périple et tenter, pourquoi pas, de découvrir de nouvelles terres.

30 janvier 1528

Je ne me lasserai pas de ces paysages aquatiques !!!

17 mars 1528

Après près de deux ans de recherches nous avons débarqué sur une terre qui n’était pas répertoriée sur la carte. Ça a l’air d’être une sacrée entreprise car nous l’avons un peu explorée et nous n’avons pas trouvé de plans d’eau assez grands pour les appeler mers. C’est ou des lacs, ou des fleuves…
Nous avons nommé ça le Pérou mais nous ne pensons pas avoir découvert une mine d’or. Nous allons le signaler aux autorités mais sans beaucoup d’espoir.

17 mai 1528

Nous nous sentons bien sur ces terrains mais Pizarro a décidé d’aller de suite déclarer en Espagne qu’il y a une terre en ce lieu.
Bien qu’au début nous n’ayons pas d’espoir, le fait d’avoir visité cette terre est plutôt encourageant car nous n’avons trouvé aucune trace humaine. Nous espérons que nous obtiendrons un soutien de la part des autorités de nos pays.

8 septembre 1528

Je suis chez moi. J’ai quitté mes commandants et mes amis. Nous nous sommes séparés pour un moment de repos.
J’ai été choqué à mon arrivée car j’ai tout juste reconnu ma femme et mes enfants. Maintenant ce ne sont plus les nourrissons que j’avais laissé il y a quelques années. Ce sont bientôt des adultes. Ma femme a déjà quelques rides et son visage s’est métamorphosé.

10 avril 1529
Lorsque mes lettres sont arrivées ce matin, j’ai eu la surprise de trouver parmi elles une lettre de Pizarro. Elle m’informait que tous ceux qui avaient participé aux deux premières expéditions étaient remerciés et qu’ils recevraient tous une partie du butin si la terre que l’on avait nommé Pérou devenait importante.

10 janvier 1530

J’ai su par les rumeurs que Pizarro allait repartir dans quelques jours. Ca me rend heureux et triste car je regrette de ne pas pouvoir repartir une dernière fois mais je sais où ils vont aller : au Pérou. J’étais un des premiers hommes à avoir posé les pieds dessus et j’en étais fier.

18 novembre 1535

Je suis un homme comblé !!! Maintenant que le Pérou est bien reconnu comme un territoire, je sais que ma famille ne manquera jamais de nourriture. Si je le pouvais je remercierais Pizarro pendant longtemps, lui l’homme qui a osé faire exécuter Atahualpa, qui a osé faire d’un jeune un nouvel inca.