Yasmine Kassari, réalisateur

, par  Mick Miel , popularité : 16%

Biographie

Yasmine Kassari est de nationalité belge, native du Maroc. Diplômée de l’INSAS à Bruxelles, elle écrit et réalise plusieurs courts métrages : « Le Feutre noir » en 1994, « Chiens errants » en 1995, qui remporte le Prix Cirtef au Festival de Namur, puis « Lynda et Nadia » en 2000. La même année, son documentaire « Quand les hommes pleurent » est présenté au Festival de Namur. Il retrace la vie des clandestins marocains qui vont chercher du travail dans le sud de l’Espagne. Le scénario de « L’Enfant endormi » a été primé lors de la Bourse d’aide au développement à Montpellier en 2000, et reçoit le Trophée du premier scénario jeunes talents CNC à Paris en 2003. Yasmine Kassari est depuis 1993 chargée de production aux "Films de la Drève" à Liège, Belgique. A partir de 1993 - Chargée de production dans la société de production "Les Films de la Drève" - Liège -Belgique.

L’enfant endormi

Synopsis

Un jeune marié de la région de Taourirt, dans le nord du Maroc contemporain, quitte le pays dans la clandestinité, le lendemain de ses noces. Il laisse derrière lui sa femme enceinte. Dans l’attente de son retour, la jeune femme fait endormir son fœtus.

A travers l’endormissement du fœtus, une pratique traditionnelle des campagnes maghrébines, Yasmine Kassari tisse la métaphore de la situation de ces femmes restées au pays, faite de douleurs, d’insécurité et de précarité.

Fiche Technique

- Réalisation : Yasmine Kassari

- Scénario : Yasmine Kassari

- Image : Yorgos Arvanitis

- Montage : Susana Rossberg

- Son : Henri Morelle et Madone

- Musique : Armand Amar, Koussan Achod, Lévon Minassian

- Producteur : Jean-Jacques Andrien

- Production : Les Films de la Drève

- Interprètes :

- Rachida Brakni

- Mounia Osfour

- Nermine Haggar

- Aissa Abdessamie

Maroc/ Belgique, 2004 fiction, 110’
VO : berbère & arabe

Extraits d’une interview de Yasmine Kassari parue dans Cinergie N°89

D’où vient cette légende de l’enfant endormi ?

En fait, j’ai emprunté un mythe qui existe depuis la nuit des temps, notamment au Maghreb. Ce mythe m’intéressait dans la mesure où il est porteur de sens par rapport à ce que je voulais raconter. Ce qui m’intéresse ce n’est pas du tout une lecture sociologique ou anthropologique de ce mythe, mais son contenu métaphorique.

En quoi consiste ce mythe ?

L’endormissement du foetus (le raged) consiste à endormir, par voie de sorcellerie blanche, un enfant dont la mère ne souhaite pas la naissance immédiate. Soit parce qu’elle a trop d’enfants et veut retarder l’arrivée du suivant. Soit parce qu’elle est veuve ou répudiée et pas encore remariée. Soit parce que son mari a émigré à l’étranger et qu’elle veut attendre son retour pour mettre son enfant au monde, comme c’est le cas dans le film, etc. L’endormissement se fait à la connaissance de tous les gens concernés. Il ne pose de problème à personne. Les hommes y adhèrent autant que les femmes. On y croit.

As-tu fait ce film pour parler du statut de la femme dans les régions agraires du Maroc ?

Pas du tout . Je ne suis jamais partie d’une revendication pour écrire un scénario ou pour faire un film. Cela vient d’envies plus profondes. Ce film met en avant des personnages de femmes, mais, avant de parler de ces femmes, j’avais fait un film qui parle des hommes, Quand les hommes pleurent. Je ne crois pas que L’enfant endormi est un film plus centré sur les femmes que sur les hommes. En fait, les hommes existent ici par la force de leur absence. Ils sont en permanence dans le hors-champ. J’ai fait ce film pour parler d’états de choses, d’états de corps qui concerne autant l’homme que la femme.

Tu es attachée à cette région de l’Oriental, au Nord-Est du Maroc, où tu as situé l’action ?

C’est une région que je connais bien. J’ai été en vacances près de la rivière du film quand j’étais petite, jusqu’à l’âge de neuf ans. C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois du mythe de l’enfant endormi. Aujourd’hui encore, dans la région, on continue à « endormir » comme on le montre dans le film. On y croit dur comme fer.

Yasmine Kassari

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