"Super size me" de Morgan Spurlock

, par  Mick Miel , popularité : 4%

Le fast-food est partout. 37 % des enfants et des adolescents américains ont un problème de poids. Deux adultes sur trois sont atteints de surcharge pondérale ou d’obésité. Comment l’Amérique est-elle devenue aussi grosse ?

Pour mener son enquête, Morgan Spurlock a traversé les Etats-Unis et interrogé des spécialistes dans plus de vingt villes. Un ancien ministre de la santé, des profs de gym, des cuisiniers de cantines scolaires, des publicitaires, des avocats et des législateurs lui confient le résultat de leurs recherches, leurs sentiments, leurs craintes et leurs doutes.

Mais le fil rouge de ce documentaire est une expérience que Morgan Spurlock décide de mener sur lui-même. Sous la surveillance attentive de trois médecins, le voilà donc au régime MacMuffin, Big Mac, Royal Cheese, frites et coca.

Site officiel

Casting

Réalisation

- Réalisateur : Morgan Spurlock

Acteur(s)

- Lui-même : Morgan Spurlock

Scénario, production

- Productrice : Heather Winters

Equipe Technique

- Compositeur Steve Horowitz

- Directeur de la photographie : Scott Ambrozy

Secrets de tournage

Une enquête minutieuse

Morgan Spurlock a traversé les Etats-Unis, de New York à Houston. Il a interrogé des spécialistes dans plus de 20 villes. Un ancien Secrétaire d’Etat à la santé (l’équivalent américain du rang de ministre), des professeurs de gym, des cuisiniers de cantines scolaires, des publicitaires, des avocats et des législateurs lui confient le résultat de leurs recherches, leurs sentiments, leurs craintes et leurs doutes.

Un règlement stricte

Le réalisateur s’est obligé à suivre un règlement stricte lors de ses visites quotidiennes chez la firme MacDonald’s. Ainsi, pendant 30 jours, il devait manger exclusivement dans les restaurants de la firme, et ne consommer que des produits qui y sont vendus, y compris l’eau. Il s’est en outre astreint à systématiquement commander l’option Super Size, lorsque le serveur la lui proposait. Il s’imposait de goûter à tous les produits présents dans le menu, au moins une fois. Enfin, effectuer trois repas par jour : petit déjeuner, déjeuner et dîner.

Surveillance médicale

Morgan Spurlock a décidé d’être son propre "cobaye". Il a néanmoins été encadré par trois médecins. Il tient également un journal, dans lequel il consigne l’évolution de son état, de son poids, de son taux de cholestérol, mais aussi de sa relation avec la plus critique de ses supporters : sa petite amie, chef-cuisinière...végétarienne.

Des chiffres vertigineux...

Chaque jour, un Américain sur quatre visite un Fast Food. Les frites, qui constituent l’accompagnement principal des repas servis dans les Fast Food, sont le plat de légumes le plus consommés aux Etats-Unis. Les américains consomment plus d’un million d’animaux par heure, principalement sous formes de steaks hachés ou d’escalopes de volailles. Il faudrait en outre faire plus de sept heures de marches pour brûler les calories contenues dans un menu Super Size (boisson gazeuse, frites et Big Mac).

Le pot de terre contre le pot de fer

Depuis la présentation de Super Size Me au festival de Sundance en janvier 2004, où Morgan Spurlock a reçu le Prix du meilleur réalisateur dans la catégorie "documentaire", les médias américains ont laissé entendre que le film est arrivé à influencer la toute puissante firme Mac Donald’s. La société a d’abord longtemps choisi de ne faire aucun commentaire sur le film. Puis elle a annoncé qu’elle ne proposerait désormais plus de menu Super Size. Et le réalisateur d’ajouter : "Cela prouve (...) à quel point le film est juste (...). Super SIze Me fait avancer les choses". La célèbre firme est quant à elle beaucoup plus reservée. Un de ses porte-parole, Walt Ricker, déclare : "Super Size Me n’a rien à voir là-dedans. La question des menus Super Size a été débattue et approuvée par la compagnie en 2003. Le retrait a été communiqué à nos franchises à la fin de l’année. En ce qui concerne le film de M. Spurlock, n’importe quel diététicien vous dira qu’ingurgiter 5000 calories par jour n’est pas une très brillante idée. Nos clients ne sont pas des imbéciles. Ils n’ont pas besoin qu’un film leur dise ce qu’ils ont à faire."

Contenir la polémique

Jim Cantalupo, Président Directeur Général de Mac Donald’s, a cherché à anticiper sur la montée en puissance de la polémique, avant même la sortie du film. L’obésité est aux Etats-Unis la seconde cause de mort non accidentelle (16,6 % de la mortalité totale), après le tabac (18,1 %). Deux adultes sur trois et 9 millions d’enfants en sont victimes. D’après une étude menée par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies, 400 000 américains en sont morts en 2000. Le coût pour la collectivité (aide sociale) s’élève à 117 milliards de dollars par an, plus 75 milliards de dépenses médicales en 2003.

Les enfants : une cible privilégiée ?

En 2003, le magazine télévisé américain "90 minutes" s’est intéressé aux liens existant entre éducation et nutrition aux Etats-Unis. Ainsi, dans un lycée américain, un distributeur de la marque Pepsi y déverse des calories en canette. Pour 80 000 dollars par an, le géant de la boisson a obtenu du proviseur le droit d’installer en exclusivité ses distributeurs dans l’établissement. Dans une autre école, les élèves apprennent à lire en déchiffrant les logos MacDonald’s et Pepsi sur des programmes informatiques subventionnés par ces mêmes poids lourds de l’alimentaire.

Critiques Presse

- Télérama - Aurélien Ferenczi

Entre Michael Moore et "Jackass", Morgan Spurlock suit un mois de régime McDo et filme les dégâts. Impressionnant !

- TéléCinéObs - Bijan Anquetil

Au-delà d’une mise en scène divertissante et pleine d’humour, Morgan Spurlock interroge les habitudes alimentaires des Américains et dénonce les méthodes douteuses de la toute-puissante industrie agroalimentaire. La malbouffe a trouvé son Michael Moore.

- Fluctuat.net - Agathe Moroval

Supersize Me est un film supersize. Spurlock a parfois tendance à en faire un tout petit peu trop : les inserts en animation ou les collages sur l’écran ne sont pas toujours du meilleur goût. Mais le documentaire, doublé de cette hallucinante auto-fiction expérimentale, est efficace, drôle et surprenant. Un chef-d’oeuvre de politically incorrect, sans pitié pour l’américain moyen - surtout s’il est obèse.

- Télérama - Aurélien Ferenczi

Morgan Spurlock en appelle à la raison, statistiques et témoignages d’experts à l’appui, mais aussi pas mal à l’émotion, dégoût garanti à plusieurs reprises, notamment au moment du " Mac Vomi "... Tel est le " néo-docu " à l’américaine, où la part ludique est essentielle, sans nuire pour autant à l’engagement et à l’analyse. (...) En sortant de Super size me, l’estomac au bord des lèvres, bien malin qui saura désormais choisir ses menus en étant certain d’exercer son libre-arbitre...

- L’Express - Christophe Carrière

Super Size Me décrit si bien les ravages que provoquent les fast-foods qu’il coupe l’appétit . Lire la critique complète sur "L’Express"

- Le Figaro - Dominique Borde

Un documentaire choc, Super Size Me (textuellement : Grossissez-moi). Ou pourquoi et comment deux Américains sur trois sont obèses ou en surpoids tandis que la chaîne des McDo représente 43% du marché des fast-foods aux Etats-Unis. L’équation est imparable comme son film.

- Le Monde - Thomas Sotinel

Le mélange d’immédiateté issue de la télé-réalité et de démonstration militante se révèle irréfutable et parfaitement accessible au coeur de cible commun à la restauration rapide et à Morgan Spurlock : la jeunesse. Il faudrait un effort surhumain pour se précipiter au McDonald’s quand les lumières se rallument.

- Ciné Live - Laurent Djian

Un docu décapant, saisissant et délirant sur les dangers de la malbouffe. Voilà ce qu’on appelle un tract anti-fast-food réussi sur toute la ligne.

- MCinéma.com - Franz Miceli

Si SUPER SIZE ME s’avère extrêmement bien documenté, on regrettera qu’il ne s’intéresse qu’à McDo, et ne puisse effectuer la prise de recul nécessaire à ce type d’exercice. SUPER SIZE ME fait, certes, souvent mouche (des McDo dans les hôpitaux !). Dommage que le miroir, loin de toujours atteindre la finesse escomptée, se fasse un peu trop grossissant.

- Aden - La rédaction

A la manière d’un Michael Moore qui impose sa silhouette pataude dans le champ et donne sans retenue dans la subjectivité, Morgan Spurlock met son corps en première ligne, sans peur de sombrer dans la blague de potache. Il apparaît vite que ce réalisateur de films publicitaires et de vidéos clips manie sur le bout des doigts les méthodes qu’il dénonce...

- Les Inrockuptibles - Vincent Ostria

Un documentaire bête et méchant, mais assez déifiant sur la culture malsaine du fast food.

- aVoir-aLire.com - Nicolas Journet

Malgré des tonnes de statistiques plus ou moins intéressantes, Super size me ne révèle pas grand chose de nouveau. Quiconque a déjà mangé dans un McDonald’s sait bien les effets que peuvent procurer un royal cheese sur le système digestif. (...) si les firmes agro-alimentaires ont leur part de responsabilité, le consommateur est une victime bien trop consentante. C’est ce que montre avec justesse Super size me, finalement plus film citoyen que pamphlet gauchiste.
"

- Chronic’art.com - Guillaume Loison

Spurlock reste incapable de dénoncer autrement que par une causerie vanneuse. Très peu d’image, aucune créativité au montage : juste des micro-trottoirs stéréotypés et des statistiques animées pour faire plus fun et moins chiant. Un deuxième film dont le bonhomme aurait pu facilement se passer. Son taux de cholestérol a bien plus d’impact politique que ses coups de mégaphone.

- Studio Magazine - Thomas Baurez

Si cette enquête aux résultats édifiants est spectaculaire, le cinéaste pèche en privilégiant l’anecdote au détriment d’une réelle, mais peut-être plus rébarbative, anlyse. Morgan Spurlock doit encore progresser avant d’égaler son modèle.

- Première - Gérard Delorme

Spurlock fait passer la pilule pédagogique avec beaucoup d’humour et compense la laideur de l’image vidéo avec quelques effets picturaux bienvenus (illustrations et animations). Cette façon inventive, efficace et sympathique d’attirer l’attention évoque inévitablement Michael Moore. Elle s’apparente davantage au journalisme télé qu’au cinéma, mais une bonne vidéo vaut parfois mieux qu’un mauvais film.

- Cahiers du Cinéma - Sylvain Coumoul

Morgan Spurlock accumule les split-sceens baveux, vulgaires, déprimants. Son film comme le sujet qu’il traite est indigeste et écoeurant.

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