"Zaïna, cavalière de l’Atlas" de Bourlem Guerdjou

, par  Mick Miel , popularité : 6%

Pour échapper au puissant Omar, Zaïna décide de suivre son père qui mène les pur-sang de sa tribu à la grande course de l’Agdal. Durant ce long et périlleux voyage au coeur des montagnes de l’Atlas, père et fille vont apprendre à se connaître, à s’aimer.

Casting complet

Réalisation

- Réalisateur : Bourlem Guerdjou

Acteur(s)

- Zaïna : Aziza Nadir

- Mustapha : Sami Bouajila

- Omar : Simon Abkarian

- Abdelatif : Michel Favory

- Kadour : Assaad Bouab

- Barak : Lounès Tazairt

- Djilhali : Hassam Ghancy

- Moncef : Taïeb Ajedig

- Hassan : Mohamed Bouhriri

- Imam : Mohamed Majd

Scénario, production

Scénariste

- Bourlem Guerdjou

- Juliette Sales

Production

- Rezo Films, France

- Agora Films, France

- Canal + (France), France

- TPS Star, France

- France 3 Cinéma, France

- Prokino Filmproduktion, Allemagne

Equipe Technique

Dialoguiste

- Bourlem Guerdjou

- Juliette Sales

Directeur de la photographie

- Bruno De Keyzer

Costumier

- Anaïs Romand

Monteur

- Joelle Hache

Chef décorateur

- Laurent Allaire

Producteur délégué

- Philippe Liégeois

- Jean-Michel Rey

Producteur exécutif

- Bénédicte Bellocq

- Souad Lamriki

Coproducteur

- Ira Gienanth

- Ira Gienanth

- Emma Klopf

Producteur associé

- Maurice Bernart

Exportation/Distribution internationale

- Rezo Films, France

- Distribution

Distribution

- Rezo Films, France

Secrets de tournage

De Nanterre au Maroc

Zaïna, cavalière de l’Atlas est le deuxième long métrage de Bourlem Guerdjou après le très remarqué Vivre au paradis (1999), qui portait sur la condition des immigrés algériens dans le bidonville de Nanterre pendant la Guerre d’Algérie.

"Un western couscous"

La scénariste Juliette Sales évoque la genèse du projet : "L’idée de Zaïna est née du désir d’un conte, avec, comme éléments de base : un homme, un enfant et l’Orient. On s’est inspiré des Mille et une nuits, ainsi que de récits anciens, tels que l’histoire de la dernière reine Berbère, nommée Kahena. Mais on s’est très vite heurté à un principe de réalité. Notre rencontre avec le producteur Philippe Liégeois a été assez décisive, le projet se devait d’être ambitieux, mais ses volontés nous ont permis de bien resserrer le propos. Philippe a eu l’idée du choix d’une petite fille pour l’enfant. Ensuite, on a souhaité donner une forte présence à la nature à la fois accueillante et dangereuse, aux grands espaces, aux chevaux, au voyage... Ce dispositif narratif correspondait assez à celui d’un western, d’ailleurs en riant avec Bourlem, on se disait qu’on écrivait un "western couscous" ! En gardant la forme du conte comme objectif, on a développé une histoire qui se voulait simple et directe mais emblématique, tout en conservant une profondeur et une subtilité des sentiments et des personnages."

Le grand voyage

Fils d’immigrés tunisiens, Sami Bouajila a retrouvé dans Zaïna, cavalière de l’Atlas un imaginaire qui lui est familier : "Cela me ramenait à ma culture d’origine, un peu oubliée avec le déracinement, mais toujours bien ancrée en moi. Mes parents viennent de cette tradition-là. Je pouvais symboliquement remonter un peu sur les traces de mon père qui est berbère lui aussi, il a vécu dans le désert, parfois sous des tentes. Ce film me donnait l’occasion de faire le voyage inverse." L’acteur, qui, tout comme Simon Abkarian, a suivi un entraînement intensif de 6 mois, avant le tournage, pour les scènes à cheval, s’est lié d’amitié avec plusieurs personnes sur le tournage : "Ces palefreniers par exemple avec qui je passais le plus clair de mon temps, ils m’ont énormément apporté. Ils ont une telle richesse culturelle, et une telle sagesse malgré les difficultés d’une vie difficile."

Deux en un

Au départ, Bourlem Guerdjou et sa coscénariste Juliette Sales travaillaient sur deux projets distincts, l’un abordant le thème de la filiation, l’autre étant un film d’aventures dans des paysages de montagne. Vieux complice du réalisateur, Philippe Liégeois leur a suggéré de fusionné les deux projets.

Zem et Melki pressentis

Roschdy Zem et Gilbert Melki avaient été pressentis pour tenir les deux rôles principaux, finalement interprétés par Sami Bouajila et Simon Abkarian. En 2000, déjà, pour La Faute à Voltaire de Abdellatif Kechiche, Roschdy Zem avait dû se désister, avant de proposer à Bouajila de prendre sa place.

Un travail de longue haleine

Trois années d’écriture et de recherche, à la fois à Paris (notamment à l’Institut du Monde Arabe) et au Maroc, et plus d’un an de repérages ont été nécessaires avant de pouvoir entamer le tournage du film, qui s’est étendu sur 13 semaines dans l’Atlas.

La grosse cavalerie

Ce tournage hors-normes a mobilisé des moyens exceptionnels, comme le rappellent les producteurs : "Un cheval boit à peu près 40 litres d’eau par jour. Chaque cavalier et chaque cheval avaient leur doublure. Il y avait donc une longue caravane de camions, avec des palefreniers, de l’avoine et de la paille qui a traversé le Maroc de Fez à Meknès, des montagnes de l’Atlas aux régions de Ouarzazate et de l’Oukaimeden. Il y avait pour certaines scènes jusqu’à 70 chevaux à l’écran. Des cavaliers de fantasias en grand apparat sont venus nous rejoindre pour se prêter au jeu avec leurs chevaux parés de dorures", se souvient Philippe Liégeois, qui ajoute : "Pour avoir le plaisir de voir des images spectaculaires à l’écran, nous avons choisi de trouver des endroits inédits comme la forêt de cèdres d’Ifrane, par exemple, un lieu absolument sublime", souligne pour sa part Jean-Michel Rey. "On a même dû filmer à 3600 mètres d’altitude pour avoir de la haute montagne et de la neige (...) Le tournage de la course finale avec trois caméras a duré trois semaines. Tous les matins, dès l’aube, 500 figurants arrivaient en bus de Ouarzazate sur le campement. Nous avions installé une multitude de tentes en plein désert."

Kingdom of horses

Pour le travail avec les chevaux, l’équipe du film a fait appel à Joël Proust, éleveur à Ouarzazate, et qui a déjà travaillé sur les superproductions américaines Gladiator, Alexandre et Kingdom of Heaven.

Un film féministe

Bourlem Guerdjou note, à propos du personnage de Zaïna : "Malgré ce que lui coûte le deuil de sa mère, Zaïna va mener à bien son propre destin, et acquérir sa liberté. Elle est toujours prête à se rebeller. Elle a une grande force intérieure. Son parcours, c’est aussi l’image de l’émancipation d’une femme. Elle symbolise ces femmes arabes qui ont l’audace de se révolter pour faire changer l’état des choses." Juliette Sales ajoute : "(...) en lui confiant son herbier, Selma [a] donné à sa fille une vraie qualification. C’est un détail féministe important : grâce à sa mère, Zaïna sait lire, pas Mustapha [le père]. Dans cette notion d’héritage, il y a aussi l’idée que les enfants profitent des erreurs, des douleurs et des combats de leurs parents. Selma était une femme trop forte, trop passionnée et trop brillante pour le lieu et l’époque où elle vivait. Mais en osant concourir avec des hommes, au prix d’être répudiée, elle a ouvert une brèche."

Le cheval, meilleur ami de l’homme

La scénariste revient sur l’importance du cheval dans la culture arabe : "A la fin du XVIIIe siècle, les écoles française et anglaise d’équitation allaient parfaire leur style de monte au Maroc où les chevaux avaient une endurance exceptionnelle. Pour les cavaliers arabes, le cheval est un trésor. Un compagnon qui peut leur sauver la vie. Ils préfèrent donner leurs dernières dattes à leur cheval plutôt que de les garder pour eux, parce que c’est toujours sur leur cheval qu’ils sortiront du désert, jamais le contraire ! Ils parlent de leurs chevaux comme de leur meilleur ami. Les scènes d’initiation du film sont directement tirées des manuels de dressage que nous avons consultés. Nous avons également sillonné le Maroc afin de visualiser tous les paysages."

Critiques Presse

- Zurban - Yasmine Youssi

Paysages d’une beauté à couper le souffle, comédiens habités par leur rôle... sans effets spéciaux, ni décors ostentatoires, Guerdjou nous plonge au coeur d’un Maroc intemporel, renouvellant ainsi le film de cape et d’épée.

- L’Humanité - Vincent Ostria

Un film d’aventures comme le cinéma arabe en a rarement montré. Certes, on tente un peu artificiellement de transposer l’univers du western au Maghreb - l’importance accordée aux chevaux en témoigne. Pourtant la greffe prend au-delà de toute espérance (...).

- Studio Magazine - Patrick Fabre

(...) il s’agit d’un film palpitant, parfois émouvant, au propos intelligent. Car en plus d’être distryant, il délivre un message de tolérance. Mais c’est surtout une histoire d’amour universelle (...)

- Les Inrockuptibles - Vincent Ostria

Féminisme de bon aloi dans ce western arabe qui a du souffle. (...) Mais rien n’est forcé, appuyé. Ce n’est pas une parodie, c’est un conte naturel et réaliste, au premier degré. L’abus [d’effets] est largement compensé par une belle idée.

- Elle - Florence Ben Sadoun

[Zaïna] est-il film ethnologique, un western sans indiens, une tragédie antique ou encore une conte oriental ? Tout à la fois avec des images très stylisées (...)

- Paris Match - Alain Spira

Si le film pèche par un manque de rythme, des dialogues minimalistes et une trame bien mince, l’implication des comédiens et la beauté des grands espaces incitent le spectateur à se laisser porter (...).

- Le Figaroscope - Brigitte Baudin

Si les personnages sont un peu trop convenus, on se laisse néanmoins emporter par l’aventure, la beauté des paysages, les magnifiques images, les lumières du directeur de la photo, Bruno de Keyzer.

- Ouest France - La rédaction

(...) [le scénario] passe par quelques raccourcis narratifs qui sont la loi du genre. Une même simplicité se dégage de la peinture, assez sommaire dans ses gros traits, des personnages (...) C’est donc la nature, grandiose, sauvage et mystérieuse, qui a le beau rôle dans ce voyage dépaysant où tout finit bien.

- Le Parisien - Renard Baronian

Le réalisateur prend son temps pour raconter cette belle histoire, et le film comporte des longueurs. Côté acteurs, si on a connu Sami Bouajila et Simon Abkarian plus inspirés, on est impressionné par la formidable prestation de la petite Aziza Nadir, émouvante Zaïna. Quant aux images de l’Atlas et des chevaux, elles sont sublimes...

- Première - Gaël Golhen

"Zaïna..." est un western couscous qui laisse un peu sur sa faim côté scénario mais ravit côté pupilles.

- Ciné Live - Grégory Alexandre

Une épopée à la fureur un peu assourdie par son formatage.
"Ciné Live" en ligne

- MCinéma.com - Aurélien Allin

Conte à l’ancienne, cette aventure dans les montagnes de l’Atlas a le mérite d’allier beauté visuelle et gentille morale.(...) Cela n’est toutefois pas suffisant pour cacher les faiblesses du film (...) Reste un agréable spectacle pour enfants.

- Score - William Audureau

Conte oriental facile, scolaire et touriste, "Zaïna" joue l’exotisme à peu de frais : vastes plateaux couleurs d’épices et belles gueules marocaines monopolisent l’écran. Le reste lénifie.

- Cahiers du Cinéma - Elisabeth Lequeret

Zaïna avance la promesse d’un western arabe, mais c’est un fumet 100 % CNC qui s’en dégage.

- Africultures.com - Olivier Barlet

Tout cela est ainsi prévisible, formaté, superficiel, bien pensant et fait pour plaire (et ça marche : prix du public à Locarno). Les moyens mis dans le film ne parviennent pas à faire de cette jeune héroïne le personnage positif que le scénario voudrait bâtir.

- Chronic’art.com - Guillaume Loison

Le picaresque (...) cogne contre la trouille de la mise en scène à se frotter d’aussi près à l’aventure. (... ) Impression de non-film sacrément tenace qui entraîne dans le même temps l’indigestion, puisque le même échec se répète 1h40 durant.

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