Les femmes pendant la Première guerre mondiale

, par  Mick Miel , popularité : 5%

Beaucoup d’images de propagande de la guerre montrent que les femmes soutiennent vigoureusement l’effort de la guerre. Leur attitude est cependant aussi diverse que leur vie. Certaines sont des patriotes fanatiques. Derrière ce patriotisme « extrémiste » se cache souvent la peur ou l’engouasse. Une militante raconte sa visite dans une usine d’armement en Angleterre : « j’ai parlé à deux professeurs de collège dont la ville avait été plusieurs fois bombardée par des zeppelins. « Nous avons simplement pensé que nous devions venir pour aider à tuer les allemands », ont-elles calmement déclaré... »

A l’opposé ont trouve les pacifistes, tout aussi minoritaire que les ardentes patriotes. Mais l’opinion de la majorité des femmes se situe plutôt à mi-chemin. Beaucoup ont déjà compris que leur propre travail sert à « libérer » les hommes pour qu’ils aillent faire la guerre. Quelques femmes de classe moyenne abandonnent rapidement leur nouvel emploi justement pour ne pas soutenir le conflit. De leur côté, les femmes du peuple doivent travailler bien que l’une d’entre elle avoue « La seule idée que j’utilise mes énergies vitales pour détruire des âmes humaines me déprime. Mais je fais ce que je peux pour que cette horrible affaire se termine »

Cette image de vaillance des femmes est devenue un cliché. Aussi surprenant que cela puisse être, il y a aussi des femmes que la guerre n’a pas touchées du tout. Beaucoup de très jeunes ou de plus vielles femmes n’ont pas de mari ou de frère au front. Si elles admettent l’horreur du conflit, elles n’en sont pas affectées personnellement et se lancent dans la vie active avec enthousiasme. Elles ont un emploi, un salaire et la liberté. Ce sont elles qui, dans les années 20 et 30, seront les premières touchées par la misère.

Avec la guerre, les conditions d’existence des civils se dégradent. Les femmes se reconvertissent dans les usines d’armement, remplacent les hommes des emplois secondaires ou, à la campagne, s’occupent de la ferme. Après leur journée de travail, celles qui sont mariées doivent encore se consacrer, seules, à leur famille, patienter dans les files d’attente interminable (rationnement oblige) à peine de quoi manger ou se chauffer. Elles vivent dans la peur de perdre leur mari, leur fils, un parent ou un ami ; certaines doivent aussi assumer la charge d’un proche, blessé ou invalide. Cette nouvelle situation des femmes ne dure que l’espace de la guerre, après, elles reprendront leur vie et retrouveront leur statu antérieur d’infériorité au travail et à la maison.

La paysannerie forme le groupe social le plus sacrifié à la guerre. En France, on compta à peu près 600 000 paysans tués (ce qui correspond à 1/10 des paysans). Contrairement à certains groupes urbains, les paysans n’avaient pas les moyens d’échapper à leur devoir militaire.

Les familles restées à l’arrière virent changer leur mode de vie : les femmes durent prendre de nombreuses responsabilités, nouvelles pour elles.
Parfois elles firent appel à des prisonniers de guerre ou à des immigré espagnols.

La guerre commencée au moment des vendanges et des moissons , les femmes durent s’unir pour poursuivre : « il faut finir la moisson en réunissant les femmes, les jeunes qui ne sont pas encore mobilisable, les vieux qui ne le sont plus » (mémé Santerre)

Elles étaient soutenues et encouragées par le gouvernement à continuer pour leur subsistance et celle de leurs hommes : « Je vous demande de maintenir l’activité des campagnes de terminer les récoltes de l’année, de préparer celles de l’année prochaine. » (Discours de René Viviani en août 1914)

L’hiver fut très dur, en effet le pain venait souvent à manquer, elles mangeaient un peu de tout mais essentiellement des châtaignes, abondantes et nourrissantes. La séparation de leur mari fut très dure et cette guerre espérée si courte se révéla très longue.

Pendant quatre ans les femmes durent s’efforcer de subsister sans leurs pères, maris, frères ou encore fils. Le travail des moissons effectué par les femmes était très difficile. Elles durent apprendre à effectuer des travaux les plus durs et gérer leurs exploitations de la manière la plus rentable.
Ainsi dans de nombreuses lettres des soldats à leurs femmes, ces derniers demandaient des nouvelles de la famille bien sur, mais également des moissons, vendanges ou autres travaux importants dans la vie des paysans. Ils profitaient pour donner des conseils à leurs femmes afin qu’elles ne soient pas désarmées face aux travaux et que les exploitations ne souffrent pas trop de leurs absences.

Voici un extrait d’une carte postale qu’envoya un soldat à sa femme :
3 mai 1915
« Il y a juste 9 mois ce matin que nous nous disions au revoir pensant nous revoir bien plus tôt sans doute et maintenant, on est encore à se demander quand ce moment arrivera, car les nouvelles sont toujours bonnes et pour finir on ne voit pas grand changement, enfin Dieu aura pitié de nous et un dénouement peut se produire peut-être plus vite qu’on le crois. Ce matin nous sommes descendus des avants postes et nous voilà encore au repos pour 2 jours, ce matin le temps est couvert et ça à l’air de vouloir changer de temps.
J’ai reçu avant-hier une lettre de pierre [...]. Nous voilà bien d’abord au moment des chaleurs fortes et surtout des grands travaux, serais-je rentré pour les foins, c’est encore en mystère. Peux tu venir à bout de tout ce travail ? Rien de nouveau par ici ni de changé. Je vous embrasse tous affectueusement
Jean »
Il faut savoir que les soldats français étaient victimes de la censure.

La première guerre mondiale fut très meurtrière et de nombreux soldats furent blessés. Il y a donc un besoin urgent en infirmière qui poussa les femmes à s’engager en masse. Ainsi celles-ci veillaient auprès des blessés et tentaient de les sauver. La plupart des infirmières travaillaient dans un hôpital mais le transport été périlleux, souvent trop long et surtout il pouvait se révélé dangereux. C’est donc pourquoi elles devaient se trouver le plus près possible du front. Elles se retrouvaient alors dans des tentes à une distance minime du front malgré le danger que cela représentait.
Bien qu’elles fassent preuve d’un courage exceptionnel, ces femmes étaient généralement volontaire et ne recevaient aucun salaire.

Evidement les conditions d’hygiène n’étaient pas propices à la guérison.
De plus les outils de travail étaient sommaires et les médicaments le plus souvent déficients étaient remplacés par des produits plus accessibles mais moins efficaces voir inappropriés.

En 1916 toutes les ambulances étaient conduites par des femmes.
De plus elles devaient pouvoir intervenir en toutes situations, des blessés du front au soldats gazés. Pour ces derniers elles devaient pratiquer la respiration artificielle.

En conclusion, les femmes n’ont pas hésité à s’engager pour tenter de sauver les soldats et apporter elles aussi leur soutien à la nation. Elles ont fait preuve d’un grand courage et ont prouvé qu’elles pouvaient affronter la peur, le front et les hommes. Elles furent nombreuses à donner leur vie pour sauver celle des combattants.

Les femmes ont remplacé les hommes durant la première guerre mondiale dans certains métiers, notamment dans l’industrie, d’autres ont été créés, spécialement pendant cette période, pour les femmes afin qu’elles produisent des munitions. Ces emplois étaient occupés par des femmes qui exerçaient déjà un métier auparavant. Ainsi, en Allemagne et en Grande Bretagne, un grand nombre d’entre elles quittèrent la domesticité pour une usine qui les rémunérait mieux.

LES FEMMES DANS LES USINE DE MUNITIONS

Certaines usines métallurgiques ont été reconverties en usine d’armement, principalement en France. Quand à la Grande Bretagne, elle institua un ministère de l’armement dès 1915 afin de vérifier la qualité des établissements sous contrôle. La production des usines de guerre étant importante, celles-ci eurent besoin d’une main d’œuvre plus importante, ce qui favorisa l’entrée des femmes dans la vie active. Ces femmes, en plus de leurs activités traditionnelles (agriculture, textile...) occupaient donc une emploi dans les usines d’armement, les bureaux, les transports et tous les secteurs du travail manuel. Elles travaillaient souvent 70 heures par semaine à l’usine, néanmoins elles n’ont pas obtenu à un traitement égalitaire par rapport aux hommes sur le plan salarial ; ce qui aboutit en 1917 à des grèves contre cette discrimination. Ces grèves étaient la plupart du temps liées avec la protestation contre le coût élevé de la vie.

En plus de leurs emplois traditionnels dans l’agriculture ou le textile, les femmes travaillent maintenant aussi dans les usines d’armement, les bureaux, les transports et tous les secteur du travail manuel. Ces ouvrières d’une usine anglaise d’armement implantée en Italie auraient dû bercer des enfants plutôt que des obus.

La guerre oblige à une redistribution de la main d’œuvre féminine. Les femmes remplacent partout les hommes, comme cette contrôleuse de tramway à Toulouse, cette mécanicienne du métro à Paris ou encore cette femme qui porte un sac de coke, et dont la seule image suffirait à dissiper les idées fausses sur le travail des femmes pendant la guerre. Beaucoup de ces travaux sont monotones et épuisant d’autant que les ouvriers travaillent souvent plus de 70 heures par semaines.

Ces ouvrières d’une usine de munitions allemandes ont des postes très divers. Ces tourneuses d’une usine d’obus occupent un emploi qualifié, autrefois inaccessible aux femmes. Entre 1913 et 1914, les effectifs féminins de la métallurgie passe de 5% à 28% de la main d’œuvre totale. Le salaire des femmes augmente de manière substantielle : avant la guerre, la paye moyenne d’une métallurgiste est d’environ 2 marks par jour ; en 1917, entre 5 et 6 marks pour une journée de 10 heures : un salaire sans précédent pour les femmes !

Dans plusieurs villes de France, des ateliers de charité-les ouvroirs-permettent à des femmes démunies de subsister grâce aux travaux de couture.

Après la guerre beaucoup de femmes perdirent leurs emplois à cause du retour des hommes. Alors ils réclamèrent leurs emplois d’avant la Guerre. Il n’était plus nécessaire de produire des armes, c’est pourquoi certains emplois dans les usines disparurent. En 1921, le nombre de femmes au travail était nettement inférieur par rapport à celui de 1911. Le Sex Disqualification Act fut adopté en 1919 ; ceci aida les femmes à trouver de nouvelles activités professionnelles. Elles devinrent ainsi vétérinaires, policiers au même grade que les hommes...

« Les munitionnettes » (source : tout savoir en 3ème)

Sur cette photo, il s’agit de femmes qui fabriquent des munitions pendant la Première Guerre Mondiale. Elles remplacent leur mari qui est au front d’où, l’absence de présence masculine. Elles sont presque toutes habillées de la même façon et semblent prendre une pause pendant leur lourd travail. Elles ont l’air tristes et soucieuses ce qui est normal, compte tenu de leurs circonstances. On peut en déduire que pendant la Guerre, toutes les forces vives ont étaient réquisitionnées.

Photo n°5 p 31 (du livre d’histoire géo)

L’arrière participe aussi à l’effort de la guerre. Bon nombre de femmes remplacent leur mari parti au front. Comme c’est le cas des femmes que l’on voit sur cette photo. Elles aussi sont ouvrières et travaillent dans une usine d’armement. Ce qui est bien entendu une condition exceptionnelle. On peut voir que les femmes qui travaillent sur cette photo, ont l’air concentrées sur leurs fabrications d’obus.

Photo n°3 p 38 (du livre d’histoire géo)
« Une usine britannique pendant la Grande Guerre »

Comme c’est le cas en France, l’arrière des pays en conflit participe à l’éffort de la guerre. La Grande Bretagne par exemple, possède des usines d’armements qui emploient les femmes qui y travaillent à la place de leur mari absent.
Sur ce document l’on devine une très grande superficie de l’usine. De nombreuses femmes y travaillent laissant tout de même entrevoir quelques hommes, sans doute trop âgés pour être mobilisé.

Lettre n°1

Bien chère Sylvaine,
Je ne peux m’empêcher de te dire que je suis dans une très mauvaise position, je souffre le martyre, j’avais bien raison de te dire avant de partir qu’il valait mieux être mort que d’être blessé, au mois blessé comme moi. Toute la jambe est pleine d’éclats d’obus et l’os est fracturé. Tous les jours quand on me panse, je suis martyr, lorsque avec des pinces, il m’enlève des morceaux d’os ou des morceaux de fer. Bon dieu que je souffre ! Après que c’est fini, on me donne bien un peu de malaga, mais j’aimerais mieux ne pas en boire. Je ne sais pas quand est ce qu’on me fera l’opération. Il me tarde bien qu’on en finisse d’un côté ou de l’autre. En plus de ça je suis malade ; hier il a fallu qu’on me donne un lavement. On doit m’en donner un autre ce soir, je ne sais pas si on l’oubliera pas, peut être que ça me fera du bien. Enfin, je suis mal à mon aise, pas pouvoir bouger, j’ai de la peine à prendre mon bouillon sur ma table de nuit. Je t’assure que c’est triste dans ma chambre ; nous sommes 29, personne ne peut bouger, des jambes cassées et des bras ou de fortes blessures et presque tous des réserviste comme moi. Je te dirai que je passe des mauvaises nuits, si l’on m’avait évacué jusqu’à Agen tu serais bien venue me soigner et j’aurai été content d’être auprès de toi. Et toi aussi ma chère Sylvaine de me voir, ça aurait été triste et une joie pas comme si je n’avais pas été blessé ; mais que faire, c’est ma destinée. Ma chère Sylvaine je te dis tout maintenant, je n’ai pas voulu te le dire la première fois pour ne pas te vexer, mais je vois que je suis obligé de t’aviser de ma situation. Ne te fais pas de mauvais sang, je m’en fais pas parce que je ne suis pas seul, vis en espoir et si jamais je reviens, je verrais mon fils grandir. Prie dieu bien fort qu’il me délivre de ma souffrance. Je t’embrasse bien fort.
Hugon Léon

Questions à Melle Louise Jourdan

Quelle était la vie des enfants durant la première guerre mondiale ?
Les enfants étaient timides et malgré leur jeune âge ils étaient habitués au travail. Après l’école et après avoir fait leurs devoirs ils coupaient des sarments. Les enfants de paysans travaillaient aussi aux champs et s’occupaient des animaux. Ils écrivaient de temps en temps à leur père qui était au front pour de nombreux enfants.

Comment les femmes faisaient elles pour faire tourner les affaires de la maison ?
Les femmes travaillaient, celles qui avaient des propriétés agricoles, labouraient, sulfataient... leurs champs.

Comment ont-elles fait pour s’adapter rapidement ?
Les femmes ont eu beaucoup de courage. Elles ont appris à s’adapter pratiquement toutes seules, avec l’aide de leur mère et leurs grands-mères. Elles demandaient des conseils aux hommes, leur mari, par correspondance si il était au front. Les femmes paysannes ont eu moins de mal à s’adapter car elles participaient déjà aux travaux avec leur mari. Il fallait cependant apprendre à se débrouiller seule.

Que faisait ta mère, ta grand-mère, pendant la guerre ?
Je n’ai pas connus mes grands-mères ; ma mère était femme au foyer, elle s’occupait de se trois enfants et des animaux.

Combien recevaient elles de lettres environ et tout les combien ?
Une fois par semaine environ, mais cela dépendait, car les soldats n’avaient pas trop le temps et certains d’entre eux ne savaient pas écrire.

Qu’y avait il de marqué ?
On donnait surtout des nouvelles de la famille, du travail... Il ne fallait pas mettre n’importe quoi car les lettres étaient censurées.

Quelles étaient tes réactions et celles de ta mère lorsque vous receviez une lettre d’un proche ?
Lorsque l’on recevait une lettre d’un proche on s’empressait de l’ouvrir, de la lire et la relire.

Avais tu un parent (femme) qui aurait perdu son mari à la guerre ? si oui comment a -t-elle réagit ?
J’avais une cousine qui a perdu son mari 6 mois après leur mariage, elle a supporté sa peine avec courage et a épouser son beau frère plus tard. Lorsque les femmes perdaient leur mari, elle devait être courageuse et ne pas se laisser abattre.

Toi, ayant 10 ans en 1914, participais tu à l’effort de la guerre ? Si oui que faisais tu ?
Je tricotais des caches nez et des chaussettes pour les soldats. J’étais la marraine de l’un d’eux, on correspondait et j’envoyais des friandises de temps en temps.

Connaissais tu une femme qui participait à la guerre ? Si oui que faisait elle et où ?
Il n’en manquait pas, ma voisine, par exemple était infirmière, elle a soigné les blessés sur le front, pendant les 4 ans que la guerre a duré.

Quels étaient les déférents métiers de ces femmes ?
Les femmes exerçaient divers métiers, il y avait des ouvrières, des paysannes... et des femmes domestiques : des cuisinières, des laveuses, des repasseuses, des lingères... qui étaient employées chez les bourgeois.

La guerre à-t-elle changé ton mode de vie, tes projets... ?
Elle ne l’a pas trop changé car j’ai eu la chance d’avoir ni mon père, qui était trop vieux, ni mon frère, qui était trop jeune, de mobiliser.

Croyais-tu que la guerre serait si longue ? Si non qu’elles en ont été les conséquences ?
Non, lorsque les hommes sont partis à la guerre, l’on se disait que l’on se reverrait dans 15 jours ; mais ces 15 jours ont durés 4 ans. Bon nombres de soldats restèrent 4 ans sans revenir à leur logis, a tel point qu’un garçon de 3 ou 4 ans ne connaissait pas son père.

Y avait il une usine d’armement, ou un endroit « connu » des villageois de Quissac, où les femmes étaient employées ? Si oui que faisaient elles ?
Il y avait une usine de bonneterie qui s’est transformé en usine de sous-vêtements pour les soldats.

Combien d’heures travaillaient elles environ par jour et par semaine ?
Les femmes travaillaient tout les jours excepté les jours fériés, elles travaillaient environ 10 par jour et plus.

Sais tu quel était leur salaire ?
Quand j’ai commencé à travailler à l’age de 14 ans, je travaillais 8 heurs par jours et gagnait 3.50 francs de l’époque.

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